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Visite Insolite Paris - Visite Guidée Paris Secret - Guide à Paris

Le roi de la bière

Le roi de la bière

À la fin du XIXᵉ, la communauté alsacienne de la capitale vit plutôt autour de la Gare l'Est. L'un de ses membres, le restaurateur Jacqueminot Graff, décide en 1894 de se faire construire un établissement de cuisine alsacienne à Paris. Il choisit de racheter un petit immeuble juste en face de la Gare Saint-Lazare, où la concurrence sert surtout une cuisine de la mer et des spécialités normandes. Afin de faire parler de son restaurant, Graff sort le grand jeu. Il demande à ce que la brasserie soit richement décorée dans le style de sa région, afin de marquer un contraste saisissant par rapport aux larges immeubles haussmanniens du quartier.

Pour créer l'ambiance alsacienne, la façade de briques est ainsi recouverte avec des pans de bois pour donner l'impression que l'immeuble est mansardé. Dans les coins du premier étage, on cache deux petits personnages malicieux qui semblent observer les allées et venues des clients. À droite un brasseur tient dans sa main des branches d'orge et de houblon, tandis qu'une dame en costume d'époque lui fait face sur le côté gauche. Celle-ci rend certainement hommage aux nombreuses serveuses qui circulaient entre les étages du bâtiment pour servir les buveurs de bière, tenant plusieurs  lourdes pintes à bout de bras !

Au sommet de l'immeuble, une  élégante cigogne - oiseau emblématique de l'Alsace-, trône dans son nid. Elle surveille fièrement le blason blanc à bande rouge surmonté d'un casque ailé, qui représente les armoiries de Strasbourg. Mais c'est au centre de la façade que l'on trouve l'oeuvre la plus insolite. Deux G dorés introduisent Gambrinus, mythique personnage belge, incarnant la bonne humeur et la joie de vivre. La légende veut que le diable lui donna un jour des graines pour planter du houblon afin de fabriquer un breuvage amère qui rendrait les gens malades. Toutefois, Gambrinus fit tout le contraire et réussit à créer de la bière très douce qui enchanta les habitants de ses contrées. La réputation du breuvage atteint même le Roi des Flandres, qui décida de gratifier le jeune brasseur en le nommant Seigneur. Mais celui-ci, peu intéressé par les ordres de noblesse, préféra le titre de "Roi de la bière".

Gambrinus est ainsi représenté tenant une bière à la main, comme s'il voulait souhaiter la bienvenue aux voyageurs sortant de la gare. S'il vous vient l'idée rentrer dans l'immeuble pour trinquer à sa santé, il faudra vous contenter d'une bière classique, puisque depuis 1998, l'immeuble est occupé par une célèbre enseigne de fast food qui ne sert ni plats alsaciens, ni gervoise savoureuse...

Le pacte de Nimègue

Le pacte de Nimègue

Sous le règne du Roi Soleil, les membres de la cour de Versailles sont coutumiers des flatteries au souverain pour tenter d'obtenir en retour quelques privilèges supplémentaires. Parmi eux, le maréchal de La Feuillade se fait remarquer pour sa bravoure dans les corps d'armée. En 1685, il utilise même son terrain situé à côté du Palais Royal pour faire construire la Place des Victoires, en l'honneur de la signature du traité de Nimègue, qui mit fin à la guerre de Hollande en 1678 et consacra la victoire de Louis XIV sur ses ennemis.

L'architecte Jules Hardouin-Mansart est ainsi missionné pour aménager l'espace et le sculpteur Desjardins pour créer l'imposante sculpture centrale. Éclairée nuit et jour par d'imposants chandeliers, la première version de l'œuvre fait plus de 12 mètres de haut et représente Louis XIV debout, en costume de sacre. Obtenant de fait, toute l'estime du roi de France, le Maréchal de la Feuillade jouit de sa réussite. Il vise encore plus haut en tentant de rendre navigable le nord de la Loire, mais fait une énorme boulette qui provoque l'inondation de toute la vallée de Roanne (dans l'ouest de la région Lyonnaise), et brise définitivement toute sa bonne réputation !

Plus d'un siècle plus tard, la révolution frémit et les figures monarchiques ne sont plus en vogue dans la capitale. Les contestataires abattent la statue pour la fondre en canons et font installer à la place une pyramide de bois portant les noms de leur camarades tués au combat. 

En 1793, Napoléon Bonaparte devient général des armées et fait à son tour détruire la pyramide pour offrir du bois de chauffe à ses soldats. À la place, le futur empereur fait installer une statue de son jeune bras droit mort au combat, Louis Desaix, qui l'avait protégé durant la célèbre campagne d'Égypte où Napoléon était parti percer le secret des Pharaons. Mais l'œuvre présente Desaix très dénudé et face au scandale que cela provoque, la statue est rapidement recouverte avec une palissade de bois et finalement retirée en 1814.

Il faut attendre la restauration de la monarchie pour que Louis XVIII fasse installer au centre de la place une autre statue, rendant à nouveau hommage à Louis XIV. Sculpté par François Joseph Bosio, le Roi Soleil est représenté victorieux sur un cheval cabré, dont le poids est discrètement soutenu par la longue queue qui s'appuie sur le piédestal. Notez qu'habituellement, les statues équestres montrant un cheval avec deux jambes avant levées, honorent un cavalier mort au combat (ce qui n'est pas le cas de Louis XIV), alors que pour celles représentant des destriers avec les quatre jambes au sol, le personnage est mort de causes naturelles !

Louis XIV est en tout cas représenté ici dans tout sa splendeur. En tenue d'empereur romain, pieds nus et sans scelle, le monarque est coiffé d'une couronne de laurier qui symbolise le triomphe et tient dans sa main droite un tube qui pourrait bien contenir le célèbre traité de Nimègue !

Le gardien des nuits gourmandes

Le gardien des nuits gourmandes

Quand minuit sonne à Paris et que la plupart des lumières s'éteignent, une étrange enseigne dorée en forme de cochon continue de briller dans la nuit. Elle se balance doucement au-dessus d'une façade où les heures n'ont jamais d'importance. Bienvenue au Pied de Cochon, ce restaurant ouvert en 1947 qui ne ferme ses portes que 3h dans la nuit. Situé au 6 rue Coquillière, à deux pas du forum des Halles, l’établissement culinaire garde jalousement le secret d'un Paris disparu. Car avant d'être un restaurant, cet emplacement a connu bien des vies : d'abord partie du sinistre cimetière des Innocents au Moyen Âge, transformé ensuite en boucherie près de l'ancienne "Halle aux cochons", ce lieu est imprégné d'une histoire insolite. Mais le véritable mystère se cache sous vos pieds. Dans les entrailles du restaurant, si l'on vous autorise à descendre dans la cave voûtée, vous pourrez apercevoir un authentique puits médiéval, vestige d'une époque où Paris se construisait couche après couche.

Le Pied de Cochon n'est pas seulement un restaurant – c'est un rescapé. En 1971, quand les bulldozers ont rasé les mythiques pavillons Baltard des Halles, tout le quartier fut bouleversé. Le "ventre de Paris" décrit par Zola était éventré. Mais par un étrange miracle, le Pied de Cochon est resté debout, comme s'il refusait de laisser disparaître l'âme des lieux.C'est dans ses murs que se perpétue depuis des décennies un rituel nocturne unique : la dégustation de la soupe à l'oignon gratinée aux premières lueurs de l'aube. Cette tradition remonte au temps où les "forts des Halles", ces travailleurs herculéens qui déchargeaient les marchandises toute la nuit, venaient s'y réchauffer après leur labeur. La légende raconte qu'à 5 heures précises, on leur servait le "petit blanc" réparateur – un verre de vin blanc sec pour accompagner la soupe brûlante. L'escalier en colimaçon qui mène à l'étage a été le témoin silencieux de milliers de noctambules célèbres. Julia Child, la papesse de la cuisine française aux États-Unis, aurait déclaré que c'était ici qu'on trouvait "la meilleure soupe à l'oignon de Paris".

Le restaurant séduit autant par sa cuisine que par son décor Belle Époque préservé dans ses moindres détails. En franchissant le seuil, on est immédiatement transporté dans le Paris d'antan : vitraux colorés filtrant la lumière, lustres majestueux en verre de Murano illuminant l'espace, boiseries patinées par le temps. Chaque recoin révèle un clin d'œil à l'animal emblématique des lieux : poignées de portes dorées en forme de pied de cochon, moulures ornées de motifs porcins, et gravures anciennes évoquant les scènes des Halles d'autrefois. L'établissement a su conserver intact ce patrimoine décoratif qui fait aujourd'hui sa réputation, des banquettes rouges caractéristiques jusqu'aux miroirs ternis qui semblent avoir tout vu.

La spécialité emblématique de la maison, le pied de cochon pané farci aux truffes, mérite qu'on s'y attarde. Ce n'est pas un simple plat – c'est une relique culinaire. Sa recette, jalousement gardée et inchangée depuis les années 1940, est le fruit d'un savoir-faire transmis de génération en génération. D'abord cuit longuement à petit feu, puis désossé avec précision, le pied est ensuite farci d'une préparation aux truffes avant d'être pané et doré au four. Pendant les périodes difficiles d'après-guerre, quand la viande se faisait rare, cette partie dédaignée du cochon est devenue le trésor des assiettes parisiennes.

Dans les années les plus sombres, le Pied de Cochon s'est imposé comme "l'ambassade de la nuit", l'un des rares havres où l'on pouvait se restaurer à toute heure. La grande horloge qui trône dans la salle principale a vu défiler des générations de Parisiens et d'étrangers fascinés – du travailleur matinal au fêtard impénitent, du chauffeur de taxi au personnalités venues en « incognito », à l’instar de Charles Aznavour ou de Jean-Paul Belmondo.

Aujourd'hui encore, alors que Paris dort, les lumières du Pied de Cochon continuent de briller comme un phare dans la nuit. Derrière ses vitraux d'époque et son sublime décor préservé, ce n'est pas seulement un restaurant qui persiste – c'est un pan entier de l'histoire de Paris qui refuse de s'éteindre !


Théatre sur l'eau

Théatre sur l'eau

Originaire de l'antiquité romaine, la Naumachie était un gigantesque spectacle représentant une bataille navale. Seuls les empereurs pouvaient se permettre de les organiser, étant donné les moyens considérables qu'il fallait mettre en œuvre pour aménager un plan d'eau, mobiliser des flottes de bateaux et gérer des centaines de figurants. On connait peu de choses à propos de ces impressionnantes simulations guerrières, car les édifices n'ont pratiquement pas laissé de trace archéologique et seuls les livres anciens en font la description. Sous le règne de Néron apparut néanmoins une nouveauté : la Naumachie d'amphithéâtre. Beaucoup plus modeste, elle était mise en scène dans une enceinte d'amphithéâtre moins grande, que l'on inondait complètement pour l'occasion.

C'est en référence à ces spectacles navals que la Naumachie du Parc Monceau fut aménagée en 1773, avec un bassin ovale entouré d'une colonnade corinthienne. Pour ne pas s'embêter à commander une sculpture neuve, le Duc de Chartres alors propriétaire du grand jardin, a l'idée de récupérer les colonnes de la Rotonde de Valois, un monument funéraire inachevé qui jouxtait la basilique de Saint-Denis, commandé 50 ans plus tôt par Catherine de Médicis afin d'accueillir le tombeau de son époux, le roi Henri II.

En 1861, le parc rentre dans une longue période de rénovation et la Naumachie, très abîmée, pose un dilemme : doit-on lui donner un coup de jeune ou la laisser telle quelle ? On décide finalement de simplement consolider la structure tout en préservant son aspect de ruines antiques. Depuis lors, le bassin ovale offre calme et volupté aux flâneurs qui y découvrent des dizaines d'espèces d'oiseaux et de poissons. Au milieu du plan d'eau, un îlot abrite un superbe saule pleureur, qui complète le trio d'arbres remarquables du Parc Monceau, avec un immense platane d'orient bicentenaire et un imposant Ginkgo Biloba de 23m de haut, représentant d'une très ancienne espèce d’arbres datant de l'ère des dinosaures !

Les secrets du premier palais

Les secrets du premier palais

Première résidence historique des Rois de France, le Palais de l’île de la Cité se dresse majestueusement le long de la Seine. En face du Pont au Change, la Tour de l'horloge est surmontée d'un superbe petit pavillon dont le toit de tuiles est recouvert de chevrons d'or. Dans le prolongement du quai, se trouvent deux tours jumelles. La Tour de César, qui fut bâtie sur des fondations de l'empire Romain, et la Tour d'Argent, où était conservé le trésor de la Couronne. Plus à l'ouest, la Tour Bonbec, tire son nom d'un cachot où l'on torturait les condamnés pour faire sortir des aveux de leur "bec" !

Si les documents les plus anciens attestent d’une bâtisse aménagée ici en 638 après J-C. par le bon roi Dagobert (celui qui mit sa culotte à l'envers), ce n’est que 300 ans plus tard, sous le règne du souverain Hugues Capet, que le palais prend son essor.

Vers l'an 1165, Philippe Auguste s'apprête à partir en croisade pour rejoindre les Templiers qui défendent les intérêts chrétiens en Terre Sainte. Il lance alors le chantier de la grande muraille de Paris et fait aussi transformer la demeure en château fort pour protéger la cour et conserver les archives royales.

Embelli et habité par toutes les dynasties de la monarchie française du moyen âge, le château gothique devient un symbole de la puissance politique et religieuse. Une immense salle des gardes est aménagée dans les sous-sols, afin d'accueillir le réfectoire où l'on sert chaque jour près de 2000 repas, aux employés et aux gens d'armes.

Or à la fin du 14ᵉ, Charles V subit la révolte menée par le prévôt des marchands de Paris, Etienne Marcel, qui veut limiter le pouvoir royal sur le commerce. En réponse aux pressions qu'il subit, le souverain décide de déménager au Louvre et désigne le concierge du palais comme administrateur, responsable de l’organisation judiciaire et de la prison. C'est de cette nomination que naîtra d'ailleurs le nouveau nom du château : la Conciergerie.

Durant la Révolution Française, le bâtiment est le lieu d’une intense activité judiciaire du fait de l’installation du Tribunal révolutionnaire. En janvier 1793, Louis XVI est guillotiné devant les sans-culottes. Une grande coalition militaire rassemble les plus puissants pays du continent contre la France, afin de restaurer la monarchie. C'est l'époque de la Terreur.

Les innombrables détenus sont entassés par groupes de dix dans des cellules d'à peine 10m² et dans les tribunaux du palais, seul un accusé sur trois n'est pas condamné à mort. Ravaillac, Danton, Robespierre et bien d'autres personnalités sont enfermées dans les cachots du château pour être ensuite décapitées sur la place publique. Mais la détenue la plus célèbre est sans conteste la reine Marie Antoinette, qui sera gardée pendant 40 jours dans une cellule sans confort ni intimité.

Les années passant, la conciergerie accueille de moins en moins de détenus et le pouvoir en place transforme le lieu en immense pôle judiciaire. En 1857 on y juge Baudelaire pour son ouvrage "Les fleurs du mal", qui est accusé d'outrage à la morale publique et à la morale religieuse (il sera condamné à 300 francs d'amende). La même année se tient le procès de Gustave Flaubert, dont le roman "Madame Bovary" est accusé d'outrage aux bonnes mœurs (lui est acquitté). 

En 1898, l'écrivain Émile Zola y est aussi condamné pour avoir pris la défense du capitaine Dreyfus, soupçonné d'avoir livré des documents secrets aux Allemands. Et en 1945, le Maréchal Pétain sera jugé de collaboration avec le régime d'Hitler et condamné à mort avant d'être gracié par le Général de Gaulle.

Aujourd'hui, la Conciergerie et le palais de justice s'étendent sur une surface de 6 hectares. Plus de 10 000 avocats, procureurs, justiciables et touristes déambulent dans un labyrinthe de 25km de couloirs. Or, lorsque les visiteurs fatigués se posent dans la buvette du palais pour prendre un rafraîchissement, peu d'entre eux réalisent qu'ils sont assis dans l'ancienne salle d'attente des condamnés, là ou passèrent plus 4000 prisonniers avant de monter dans les charrettes qui les emmenaient vers leur dernière destination...

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