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LE MAG’ DU PARIS SECRET

Les plus belles histoires insolites de Paris

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Les faces cachées du Palais-Royal de Paris

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Le 12 juillet 1789, par une chaleur étouffante, un jeune journaliste monte sur une table du Café du Foy, sous les galeries du Palais-Royal, et harangue la foule : « Aux armes, citoyens ! Le prélude d’une Saint-Barthélemy pour les patriotes ! ». Son nom est Camille Desmoulins. Deux jours plus tard, la Bastille tombera. Ce n’est pas un hasard si la Révolution française a commencé ici : le Palais-Royal est, depuis des décennies, le lieu le plus subversif de Paris. Propriété des Orléans — branche cadette des Bourbons, rivale du roi — il est exempt de la juridiction royale et de la police du roi. On y parle librement. On y imprime des pamphlets. On y réunit des loges maçonniques. On y pratique le magnétisme animal. Et depuis 1633, dans ses galeries et ses jardins, se concentre une quantité de secrets, de prophéties et d’expériences ésotériques qui font du Palais-Royal l’un des lieux les plus chargés d’histoire cachée de tout Paris.


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1. Le Palais-Royal : un jardin qui a changé l’histoire du monde

Le Palais-Royal à Paris, jardins et galeries, vue aérienne, lieu de l’histoire et des mystères

Le Palais-Royal : quatre siècles de secrets dans un jardin public

Au cœur du 1er arrondissement de Paris, entre le Louvre et les Grands Boulevards, le Palais-Royal est l’un des endroits les plus étranges de la capitale. De l’extérieur, c’est un vaste édifice néoclassique bordant un jardin public — calme, élégant, idéal pour les promeneurs et les touristes. De l’intérieur de son histoire, c’est un lieu fascinant où se sont concentrés, sur quatre siècles, certains des événements les plus décisifs et les plus secrets de l’histoire de France : les intrigues du cardinal de Richelieu, les pratiques occultes d’un régent débauché, les réunions de loges maçonniques présidées par un prince de sang royal, la naissance du tarot ésotérique, les séances de magnétisme animal du docteur Mesmer, et enfin le discours qui déclencha la Révolution française.

Ce qui rend le Palais-Royal unique, c’est sa position paradoxale : pendant deux siècles, il a été à la fois au cœur du pouvoir et à sa marge. Propriété des ducs d’Orléans, branche cadette des Bourbons, il était suffisamment proche du trône pour y avoir accès et suffisamment distant pour s’en méfier. Le Palais-Royal était l’anti-Versailles : là où Versailles imposait le silence, la hiérarchie et la déférence, le Palais-Royal offrait la parole libre, le débat, l’expérimentation. C’est cette liberté particulière, protégée par le statut princier de ses propriétaires, qui en a fait le creuset de tant d’idées et de pratiques subversives.

Aujourd’hui, le Palais-Royal abrite le Conseil d’État, le Conseil Constitutionnel et le ministère de la Culture. Ses jardins sont ouverts au public. Ses galeries accueillent des galeries d’art, des restaurants et des boutiques élégantes. Sa cour intérieure est ornée des célèbres colonnes rayées de Daniel Buren. Et pourtant, pour qui sait lire les pierres, chaque mètre carré de cet espace respire l’histoire cachée — les complots, les rêves, les prophéties et les révolutions qui se sont tramés ici depuis 1633.

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2. Richelieu et la fondation : 1633, le cardinal bâtisseur

Richelieu et la fondation du Palais Cardinal en 1633, puissance et ambition du cardinal de Richelieu

Le Palais Cardinal : la résidence d’un homme qui se prenait pour un roi

En 1633, le cardinal Armand Jean du Plessis de Richelieu — Premier ministre de Louis XIII, homme le plus puissant de France — fait construire à quelques centaines de mètres du Louvre son propre palais. Le Palais Cardinal, conçu par l’architecte Jacques Lemercier, est un édifice colossal : jardins d’un hectare, galeries couvertes, théâtre intérieur, bibliothèque de plus de trente mille volumes (l’une des plus grandes d’Europe), et une galerie de peintures rassemblant les plus grands maîtres de la Renaissance italienne. Richelieu vivait dans un palais plus grand et plus riche que celui du roi.

L’ambition de Richelieu ne s’arrêtait pas à l’architecture. Il était aussi mécène des arts et des sciences : c’est lui qui fonde l’Académie française en 1635, qui encourage les premières expériences scientifiques modernes, qui protège Descartes et les philosophes mécanistes. Mais il était aussi passionné d’astrologie et d’alchimie — ce qui était la norme pour un homme de pouvoir du XVIIe siècle. Jean-Baptiste Morin de Villefranche, l’astrologue que nous avons rencontré dans l’article sur l’astrologie à Paris, était son conseiller astrologique attitré. Plusieurs historiens ont suggéré que les décisions politiques les plus importantes de Richelieu — entrées en guerre, alliances, nominations — étaient précédées de consultations astrologiques.

À sa mort en 1642, Richelieu lègue son palais au roi Louis XIII, qui meurt quelques mois plus tard. La régente Anne d’Autriche y installe le jeune Louis XIV et la cour — le palais devient le Palais-Royal. Louis XIV, devenu adulte, préférera construire Versailles et abandonner Paris. C’est alors que le Palais-Royal — transmis à la branche des Orléans — entame sa longue carrière de lieu de liberté et de subversion, protégé du regard royal par le statut apanagé de ses propriétaires.

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3. Philippe d’Orléans Régent : occultisme et libertinage au cœur de la Régence

Philippe d’Orléans Régent, occultisme, alchimie et libertinage au Palais-Royal pendant la Régence

Le Régent alchimiste : laboratoire secret et séances nocturnes au Palais-Royal

Après la mort de Louis XIV en 1715, son neveu Philippe d’Orléans assume la régence du royaume pendant la minorité du futur Louis XV. Son règne, de 1715 à 1723, est connu pour son libertinage ostentatoire et ses soupers du Palais-Royal — dîners nocturnes où se mêlaient la noblesse la plus brillante, des philosophes, des actrices et des demi-mondaines, dans une atmosphère de liberté totale qui contrastait violemment avec l’étiquette rigide de Versailles. Les « roués » de la Régence — les compagnons de débauche du Régent — ont donné leur nom à un type humain particulier : l’homme sans scrupules, prêt à tout.

Mais Philippe d’Orléans était aussi un intellectuel sérieux et un expérimentateur passionné. Il possédait un laboratoire d’alchimie au Palais-Royal, dans lequel il effectuait des expériences chimiques avec l’aide de chimistes professionnels — à une époque où la frontière entre alchimie et chimie n’était pas encore clairement tracée. Il s’intéressait également à la théologie, à la philosophie, à la musique (il composait de l’opéra) et aux sciences occultes. Ses contemporains le décrivent comme un homme qui cherchait, dans les extrêmes du libertinage et de l’occultisme, quelque vérité sur la nature humaine que la religion officielle ne pouvait lui fournir.

La Régence est aussi la période où Paris s’ouvre à de nouvelles influences intellectuelles venues d’Angleterre et de Hollande : les premières loges franc-maçonnes s’installent en France pendant ces années. La première loge maçonnique officielle de France est fondée à Paris en 1725, au Café Delauney, à deux pas du Palais-Royal. Philippe d’Orléans ne sera pas lui-même maçon — il mourra en 1723 — mais son fils Philippe II d’Orléans rejoindra la franc-maçonnerie, et son petit-fils Louis-Philippe d’Orléans en deviendra le Grand Maître. La tradition de liberté et d’expérimentation du Palais-Royal prépare le terrain.

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4. Louis-Philippe d’Orléans, Grand Maître de la Franc-Maçonnerie française

Louis-Philippe d’Orléans, Grand Maître du Grand Orient de France, franc-maçonnerie parisienne

Le Grand Orient de France au Palais-Royal : un prince maçon sur le trône de la loge

En 1771, Louis-Philippe d’Orléans — également connu comme le duc de Chartres, futur duc d’Orléans et père du roi Louis-Philippe — est élu Grand Maître du Grand Orient de France, la principale obédience maçonnique française, fondée l’année précédente. C’est un événement considérable : pour la première fois, un prince de sang royal préside une organisation qui compte dans ses rangs des philosophes, des militaires, des financiers et des bourgeois libéraux. La franc-maçonnerie française gagne d’un coup une respectabilité et une protection inestimables.

Louis-Philippe d’Orléans est un Grand Maître actif et engagé. Sous sa direction, le Grand Orient de France se dote d’une structure plus centralisée, développe ses rituels et affirme ses liens avec les idées des Lumières. Les loges qu’il patronne sont des cercles de réflexion sur la politique, la philosophie et la réforme sociale — des espaces où les idées de Voltaire, Rousseau et Montesquieu circulent librement. Le Palais-Royal devient le centre névralgique de cette franc-maçonnerie des Lumières : des loges s’y réunissent, des frères s’y rencontrent dans les cafés et les galeries.

L’histoire de Louis-Philippe d’Orléans se terminera tragiquement. Rallié à la Révolution et devenu Philippe Égalité, il vote la mort de son cousin Louis XVI en janvier 1793 — acte qui ne le sauvera pas : il sera guillotiné en novembre 1793, quelques mois après le roi. Son Palais-Royal sera confisqué, ses galeries transformées en bazars populaires, ses jardins en lieu de débauche publique. C’est le destin paradoxal de l’homme qui avait voulu utiliser la franc-maçonnerie pour réformer la monarchie : il a contribué à déclencher une révolution qui l’a dévoré. Pour en savoir plus sur la franc-maçonnerie parisienne, Arcanum a publié un article complet sur l’histoire des Francs-Maçons à Paris.

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5. 1789 : le Palais-Royal, berceau de la Révolution

Camille Desmoulins au Café du Foy du Palais-Royal, discours du 12 juillet 1789, berceau de la Révolution

Le 12 juillet 1789 : Camille Desmoulins et la prophétie de Cazotte

Le 12 juillet 1789, par une chaleur étouffante, Paris est en ébullition : le roi vient de renvoyer le ministre Necker, populaire réformateur, et l’on parle de troupes qui s’amassent autour de la capitale. Dans les galeries du Palais-Royal — lieu de rassemblement des cafés, des clubs et des lecteurs de gazettes politiques —, la foule bourdonne. Un jeune avocat de vingt-neuf ans, Camille Desmoulins, monte sur une table du Café du Foy et harangue la foule : la situation est une catastrophe, il faut prendre les armes, les ennemis du peuple sont à nos portes. Il cueille des feuilles sur les arbres du jardin et les distribue comme cocardes — ce seront les premières cocardes de la Révolution. Deux jours plus tard, la Bastille tombe.

Ce qui ajoute une dimension proprement ésotérique à cet épisode, c’est la prophétie de Cazotte. Jacques Cazotte (1719-1792) est un auteur fantastique (son roman Le Diable amoureux est un chef-d’œuvre du genre) et un mystique convaincu, membre de cercles martinistes et illuministes parisiens. En 1788 — un an avant la Révolution —, lors d’un dîner en ville, il aurait prédit avec une précision stupéfiante le destin de plusieurs convives : la Révolution, leurs arrestations, leurs exécutions. La prophétie de Cazotte, publiée par La Harpe après sa mort, est l’un des textes les plus étranges de la littérature ésotérique française. Sa véracité historique est débattue, mais son existence témoigne d’un climat d’attente apocalyptique dans les cercles hermétiques parisiens de l’avant-1789.

Cazotte lui-même sera guillotiné en septembre 1792. Mais avant de mourir, il aurait prédit sa propre mort — et refusé de fuir, persuadé que son destin était scellé. Ce mystique illuministe, qui avait vu venir la Révolution dans ses visions, a été emporté par elle comme tant d’autres. Le Palais-Royal — où Desmoulins prononça son discours, où les pamphlétaires imprimaient leurs feuilles, où les loges maçonniques débattaient de la réforme de l’État — est bien le lieu où la France du XVIIIe siècle a rencontré son destin. La prophétie et la révolution se sont nouées dans ce jardin.

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6. Antoine Court de Gébelin et l’invention ésotérique du Tarot

Antoine Court de Gébelin et l’invention ésotérique du Tarot, Le Monde Primitif, Palais-Royal Paris

Le Palais-Royal et la naissance du tarot divinatoire moderne

En 1781, le pasteur protestant et franc-maçon Antoine Court de Gébelin publie à Paris le huitième volume de son encyclopédie Le Monde Primitif — une tentative colossale de retrouver la « langue primitive » et la sagesse originelle de l’humanité dans toutes les traditions et tous les objets culturels. Dans ce volume, un chapitre bouleverse le monde érudit : Court de Gébelin affirme que le jeu de Tarot — alors utilisé pour jouer aux cartes en France et en Italie — est en réalité un livre ésotérique égyptien, le « Livre de Thot », préservé sous forme de cartes à jouer par les gitans qui l’auraient transmis de l’Égypte ancienne à l’Europe médiévale. Cette thèse est fausse historiquement (les cartes de tarot sont une invention italienne du XVe siècle), mais elle va transformer radicalement l’usage des cartes.

Court de Gébelin animait un cercle intellectuel dans les galeries du Palais-Royal et dans les salons proches de cet espace. Ses théories sur le tarot sont reprises et développées par l’abbé Etteilla — de son vrai nom Jean-Baptiste Alliette — qui publie à Paris dès 1783 le premier manuel de divination par les cartes de tarot. Etteilla invente le tarot divinatoire moderne : il redessine les cartes pour les adapter à son système, crée les positions de tirage, associe chaque carte à des significations ésotériques précises et propose des méthodes de consultation. C’est lui le véritable créateur du tarot tel que des millions de personnes le pratiquent aujourd’hui.

Le cercle Court de Gébelin — Etteilla — Paris est le berceau du tarot ésotérique occidental. Mais il faut replacer ce phénomène dans son contexte : les années 1780 à Paris sont celles d’un foisonnement ésotérique extraordinaire. Court de Gébelin est franc-maçon et illuministe. Mesmer fait ses séances de magnétisme à quelques rues de là. Cagliostro, le grand mystificateur, est à Paris. Saint-Germain circule dans les salons. Swedenborg a ses adeptes. La Révolution française n’est pas seulement politique et sociale : elle est précédée d’une révolution ésotérique qui agite les esprits depuis les jardins du Palais-Royal jusqu’aux loges de province.

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7. Mesmer et le magnétisme animal : guérir dans les jardins du Palais-Royal

Franz Anton Mesmer et le magnétisme animal, baquet magnétique, séances de guérison à Paris

Le baquet magnétique de Mesmer : entre médecine, hypnose et ésotérisme

En 1778, le médecin viennois Franz Anton Mesmer arrive à Paris et s’installe dans le quartier du Palais-Royal. Il apporte avec lui une théorie révolutionnaire : la maladie serait causée par un déséquilibre dans la distribution d’un fluide universel qu’il appelle « magnétisme animal ». Ce fluide — invisible et impalpable, analogue à la force magnétique des aimants — circulerait dans tous les corps vivants. Un médecin « magnétiseur » peut, en passant ses mains sur le corps du malade et en utilisant des techniques de concentration particulières, redistribuer ce fluide et rétablir la santé. Le traitement peut provoquer des crises — convulsions, larmes, rires — qui sont le signe que le fluide se redistribue.

Mesmer crée à Paris ses célèbres baquets magnétiques : de grandes cuves d’eau remplies de limaille de fer, autour desquelles les patients s’assoient en tenant des barres de métal ou en se tenant par la main. Mesmer circule autour d’eux dans un manteau lilas, passant sa baguette et ses mains sur les zones malades. Dans ses séances, qui se déroulent dans une pièce tendrie de tentures sombres avec de la musique, de l’encens et une mise en scène théâtrale soigneuse, des dizaines de patients en même temps « entrent en crise » et certains disent être guéris. Ses séances rencontrent un succès mondain phénoménal : nobles, financiers et intellectuels font la queue pour être traités.

L’Académie Royale des Sciences, sollicitée par le roi, constitue en 1784 une commission d’enquête présidée par Benjamin Franklin (alors ambassadeur des États-Unis à Paris) et comprenant notamment le chimiste Antoine Lavoisier. La commission conclut que le « fluide magnétique » n’existe pas et que les effets des séances de Mesmer sont produits par l’imagination. Mesmer est discrédité scientifiquement — mais ses techniques, héritées par ses disciples, donneront naissance à l’hypnose et à la suggestion, deux pratiques qui seront centrales pour la psychiatrie du XIXe siècle (Charcot, Freud) et pour la psychologie contemporaine. Le Palais-Royal a ainsi accueilli, dans ses cafés et ses galeries, les origines de la psychanalyse moderne.

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8. Les colonnes de Buren : géométrie sacrée contemporaine

Les colonnes rayées de Daniel Buren dans la cour du Palais-Royal à Paris, géométrie contemporaine

Daniel Buren et les 260 colonnes rayées : une géométrie en dialogue avec l’histoire

En 1986, le gouvernement français commande à l’artiste Daniel Buren une installation permanente dans la cour d’honneur du Palais-Royal. Le résultat est l’une des œuvres d’art contemporain les plus controversées et les plus visitées de Paris : 260 colonnes tronquées, de hauteurs variables, recouvertes de rayures noires et blanches alternées, réparties sur une grille régulière dans la cour. Certaines colonnes émergent à peine du sol ; d’autres atteignent environ trois mètres ; quelques-unes sont partiellement enterrées, traversant le sol vers une grotte souterraine. L’installation crée une tension entre la régularité géométrique des colonnes et l’irrégularité de leurs hauteurs — un effet de surprise et de jeu qui invite à déambuler et à regarder autrement.

À leur installation, les colonnes de Buren ont suscité une polémique nationale virulente. Le ministre de la Culture Jack Lang y était favorable ; l’opposition politique, une grande partie du milieu architectural et de nombreux Parisiens y voyaient une « barbarie » et un « outrage » à l’élégance classique du Palais-Royal. Des pétitions circulent, des procès sont intentés, des manifestations organisées. Aujourd’hui, les colonnes de Buren sont l’une des installations artistiques les plus appréciées de Paris : les enfants y jouent, les adultes s’y assoient, les touristes du monde entier s’y photographient. Elles ont été intégrées — elles font partie du Palais-Royal au même titre que ses colonnes corinthiennes ou ses arcades.

Ce que la polémique n’a pas toujours dit, c’est la dimension symbolique profonde de l’installation. Les 260 colonnes de Buren reprennent le vocabulaire de la géométrie sacrée : la colonne, depuis l’Antiquité, est le symbole de la médiation entre le ciel et la terre — pensons aux colonnes Jakin et Boaz de la tradition maçonnique, aux colonnes des temples grecs, aux obélisques égyptiens. Un palais qui a abrité des loges maçonniques, l’inventeur du tarot ésotérique et les expériences de magnétisme animal se retrouve orné, au XXe siècle, d’une installation de colonnes symboliques dans sa cour d’honneur. Est-ce une coïncidence ? L’art contemporain n’a pas besoin de croire à la géométrie sacrée pour en reproduire les formes — c’est peut-être cela, la tradition.

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9. Le Palais-Royal aujourd’hui : mémoire secrète au cœur de Paris

Le Palais-Royal aujourd’hui, jardins et promeneurs, mémoire secrète au cœur de Paris

Se promener dans le Palais-Royal : lire quatre siècles de secrets en marchant

Aujourd’hui, le Palais-Royal est simultanément l’un des endroits les plus calmes et les plus chargés d’histoire de Paris. Ses jardins — avec leurs tilleuls taillés en berceau, leurs bassins, leurs canons miniatures qui tirent à midi — sont un havre de paix dans une ville agitée. Ses galeries abritent des librairies spécialisées en littérature ancienne, des galeries d’art, quelques boutiques d’objets rares et des restaurants élégants. Le Grand Véfour — restaurant fondé en 1784, dont la salle classée monument historique est ornée de fresques d’époque — est l’un des rares endroits de Paris où l’on dîne dans un décor du XVIIIe siècle authentiquement conservé.

Pour qui connaît l’histoire du lieu, chaque détail du Palais-Royal parle. L’emplacement du Café du Foy où Desmoulins harangua la foule est identifiable sur les anciens plans ; les galeries Beaujolais, Valois et Montpensier abritaient les boutiques, les cafés et les clubs politiques du XVIIIe siècle. La fontaine centrale du jardin est l’héritière des bassins qui ornaient le jardin de Richelieu. Les colonnes de Buren, dans la cour d’honneur, marquent l’espace où se trouvait jadis l’entrée principale de la résidence du cardinal. Et dans les caves et les sous-sols, certains passages souterrains témoignent encore des activités discrètes qui se menaient ici loin des regards.

Le Palais-Royal est l’un des sites où l’histoire secrète de Paris se lit le plus clairement : francs-maçons, alchimistes, prophètes, révolutionnaires, magnétiseurs, inventeurs du tarot ésotérique — tous ont séjourné ici, tous ont laissé une trace dans ces pierres. Pour les découvrir avec un guide qui connaît les histoires et les angles cachés — des symboles maçonniques aux secrets de la Révolution —, Arcanum propose des visites guidées sur les symboles cachés des Francs-Maçons à Paris et sur les grands mystères du Paris médiéval et moderne. Le Palais-Royal attend ceux qui savent comment le lire.

Découvrez les secrets maçonniques et ésotériques du Palais-Royal avec Arcanum : réservez votre visite guidée !


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Questions fréquentes

Quel est le lien entre le Palais-Royal et la Franc-Maçonnerie ?

Le lien est direct et historiquement documenté. En 1771, Louis-Philippe d’Orléans, propriétaire du Palais-Royal, est élu Grand Maître du Grand Orient de France, la principale obédience maçonnique française. Le Palais-Royal devient le centre névralgique de la franc-maçonnerie française des Lumières : des loges s’y réunissent, des frères s’y rencontrent dans les cafés et les galeries, et les idées maçonniques de réforme politique y circulent librement, à l’abri de la juridiction royale.

Qui est Court de Gébelin et quel est son lien avec le Tarot ?

Antoine Court de Gébelin (1725-1784) est un érudit, franc-maçon et illuministe parisien. En 1781, il publie dans son encyclopédie Le Monde Primitif une thèse révolutionnaire : le jeu de tarot serait un livre ésotérique de l’Égypte ancienne, le « Livre de Thot », préservé par les gitans. Cette thèse, historiquement fausse, transforme radicalement l’usage des cartes : son disciple Etteilla crée le premier manuel de divination par le tarot à Paris dès 1783, inventant le tarot ésotérique tel qu’on le pratique encore aujourd’hui.

Qu’est-ce que le magnétisme animal de Mesmer ?

Le magnétisme animal est une théorie médicale développée par le médecin viennois Franz Anton Mesmer (1734-1815), actif à Paris à partir de 1778. Selon Mesmer, la maladie serait causée par un déséquilibre dans la distribution d’un fluide universel et invisible circulant dans tous les corps vivants. En manipulant ce fluide par des passes magnétiques et des baquets de métal, Mesmer prétendait guérir ses patients. Ses techniques, bien que scientifiquement réfutées dès 1784 par une commission incluant Benjamin Franklin, sont à l’origine de l’hypnose et de la suggestion modernes.

Que s’est-il passé au Palais-Royal le 12 juillet 1789 ?

Le 12 juillet 1789, le jeune journaliste Camille Desmoulins monta sur une table du Café du Foy, dans les galeries du Palais-Royal, et harangua la foule pour l’appeler aux armes : le roi venait de renvoyer le ministre réformateur Necker, et la crainte d’une répression était grande. Desmoulins distribua des feuilles cueillies dans le jardin comme premières cocardes révolutionnaires. Ce discours est considéré comme l’événement déclencheur immédiat de la prise de la Bastille, deux jours plus tard, le 14 juillet 1789.

Que sont les colonnes de Buren au Palais-Royal ?

Les colonnes de Buren sont une installation artistique permanente créée en 1986 par l’artiste Daniel Buren dans la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris. Elles consistent en 260 colonnes tronquées de hauteurs variables, recouvertes de rayures noires et blanches alternées, réparties sur une grille régulière. Très controversées à leur installation, elles sont aujourd’hui l’une des installations d’art contemporain les plus visitées de Paris. Dans la tradition symbolique des colonnes (présente en architecture sacrée depuis l’Antiquité), elles peuvent être lues comme une méditation sur la médiation entre le ciel et la terre.

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Pour aller plus loin :

Le Tarot des imagiers du Moyen Âge
Oswald Wirth — Éditions Tchou
La référence du tarot ésotérique occidental, par le disciple direct d’Éliphas Lévi et de Stanislas de Guaïta. Wirth, initié maçon et martiniste parisien, a redessiné les lames du tarot selon les principes de l’hermétisme occidental. Une œuvre fondamentale pour comprendre la tradition ésotérique qui a pris naissance dans les cercles du Palais-Royal.

Mesmer, le magnétiseur des lumières
Bruno Belhoste
Une étude historique rigoureuse et passionnante du phénomène Mesmer dans le Paris pré-révolutionnaire, par l’un des meilleurs historiens de la culture française du XVIIIe siècle. Darnton replace le magnétisme animal dans son contexte de foisonnement ésotérique et politique, montrant les liens entre Mesmer, la franc-maçonnerie et les milieux réformateurs qui prépareront la Révolution.

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