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LE MAG’ DU PARIS SECRET

Les plus belles histoires insolites de Paris

La cachette des Irlandais

La cachette des Irlandais

La première communauté dédiée à l’accueil des prêtres et des étudiants ecclésiastiques irlandais fut créée au début du 17e siècle à Paris, par le père John Lee. Leur nombre étant devenu important dans le quartier du Panthéon, on décida de renommer l’ancienne rue du Cheval Vert en « Rue des Irlandais ». Un ancien hôtel particulier fut même transformé en 1769 pour les accueillir : le collège des Irlandais était né.

Confisqué sous la révolution, le bâtiment fut utilisé sous Napoléon 1er pour rassembler tous les Irlandais de France et fut ensuite  transformé an hôpital pour les soldats blessés durant la guerre de 1870. Le collège servit aussi de refuge pour l’armée américaine en 1945, puis « changea de patrie » pour héberger le collège Polonais…. Ce n’est qu’en 1998 que le lieu retrouva ses racines celtes pour accueillir le Centre Culturel Irlandais.

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À l’écart du tumulte parisien, sa cour tranquille donne accès à une superbe chapelle consacrée à Saint-Patrick, apôtre de l'Irlande. Sa particularité réside dans ses bancs qui ne font pas face à l'autel mais qui sont adossés aux murs latéraux et forcent les personnes assises à tourner la tête pour suivre la messe de l'aumônier irlandais, qui à d'ailleurs lieu tous les dimanches... en anglais !

Juste au dessus de la chapelle, une bibliothèque tout en longueur préserve plus de 8000 ouvrages dont de très rares manuscrits remontant jusqu'au 15e siècle et d'impressionnantes collections de livres l’histoire de l’Irlande.

Aujourd’hui, le centre est ouvert à tous et propose un programme d’évènements culturels variés, mettant bien évidemment l’Irlande à l’honneur. En souvenir de son glorieux passé, il loue encore 45 chambres aux étudiants Irlandais de Paris. Un endroit à visiter en priorité le jour de la fête de St Patrick pour déguster une bonne bière irlandaise et s'essayer à quelques pas de danses celtiques au rythme des musiques irlandaises !

Lieux & rues

Le dernier temple impérial

Le dernier temple impérial

Étonnant monument de 108 mètres de long, l'église Saint-Marie-Madeleine trône au coeur de Paris, à deux pas de la place de la Concorde. La construction de l'édifice religieux commença pendant l'ère Napoléonienne, tandis que Bonaparte avait décidé d'ériger dans la capitale un immense temple à la gloire de sa Grande Armée. 

Le chantier de l'édifice fut commencé d'après le modèle d'un temple antique périptère, c'est-à-dire entouré de rangées de colonnes sur toutes ses faces (comme le Parthénon situé à Athènes). Une architecture choisie pour faire un parallèle entre la puissance Française de l'époque et la grandeur passée de l'Empire Romain.

Or malgré les moyens faramineux engagés pour la construction, les travaux n'avançaient pas assez vite et l'empereur ordonna de re-localiser le projet au sommet des Champs Elysées pour y faire bâtir le célèbre Arc de Triomphe.

En dépit cela, la construction de la Madeleine continua mais elle ne fut achevée que 78 ans après la pose de sa première pierre. Rendue au culte religieux, l'église fut finalement consacrée en 1842 sous Louis Philippe, dernier roi à avoir régné en France.

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Caractéristique insolite de l'église, elle ne possède ni clocher, ni croix, ni transept. Seul rappel architectural extérieur à la religion, son fronton sculpté qui représente le jugement Dernier. Et juste en dessous une large inscription en latin, « D.O.M. SVB. INVOC. S. M. MAGDALENAE », qui signifie « Au Dieu très bon et très grand, sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine ».  

Le gigantesque perron du monument mène vers une grande porte en bronze qui ouvre une perspective vers une nef grandiose ayant la particularité d'avoir une superbe acoustique. Lors de certains week-ends, les « Dimanches musicaux de La Madeleine » permettent d'ailleurs de profiter à prix préférentiel de concerts reprenant les grandes oeuvres de la musique classique. Une expérience extraordinaire à ne pas louper !

Monuments

Le doyen de Jussieu

Le doyen de Jussieu

Au Jardin des Plantes de Paris se trouve un arbre historique : un des deux cèdres du Liban ramenés d'Angleterre par Bernard de Jussieu en 1734. En fait, le premier cèdre d'Europe occidentale fut introduit en Angleterre en 1630.

L'historien Édouard Fournier explique que dans la première moitié du règne de Louis XV, en 1734, la France ne possédait pas encore un seul cèdre, tandis que l'Angleterre, plus heureuse, en voyait plusieurs croître dans ses jardins, et s'en montrait on ne peut plus fière!

Bernard de Jussieu, qui était alors botaniste et démonstrateur des plantes au Jardin du Roi, actuel Jardin des Plantes, jura que nos pépinières n'auraient pas longtemps à envier sur ce point les pépinières british, et il tint parole... C'est donc en Angleterre qu'il alla chercher l'arbre tant convoité.

À Londres il réussit à récupérer deux pieds bien chétifs. Pour l'histoire, on raconte que Bernard de Jussieu cassa les pots contenant les jeunes plants de cèdres en embarquant sur le bateau pour la France, et pour ne pas les laisser dépérir, transforma son chapeau en pot de fleur...

Les petites pousses a ainsi continué à grandir et a donné naissance au plus vieux cèdre de France, un arbre de 275 ans qui pourtant n'affiche que 4,70 mètres de circonférence !

Lieux & rues

Les petits tubes de Paris : la poste pneumatique

Les petits tubes de Paris : la poste pneumatique

Du second empire aux années 1980, le parisien qui voulait expédier rapidement un message avait deux possibilités : embaucher un coursier, qui restait souvent coincé dans les embouteillages, ou utiliser le réseau pneumatique de la Poste, un étonnant service de transport par air comprimé !

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Pour trois à cinq fois le prix d’une lettre classique, un postier glissait le pli dans un cylindre en métal (appeler curseur) qui l’envoyait dans un dédale de tuyaux souterrains. Grâce à la différence de pression créée par les machines, l’objet filait comme soufflé par une sarbacane, dans un concert de carillons métalliques, vers un autre bureau de poste.

Là, le message était confié à un facteur qui le portait à la bonne adresse. Une heure seulement après son envoi, le « petit bleu » (en référence à la couleur du papier utilisé), était entre les mains de son destinataire !

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Aux origines du pneumatique, il y avait un besoin économique : au milieu du XIXe siècle, le président de la république Louis Napoléon Bonaparte, voulu moderniser le capitalisme français, favoriser le développement du chemin de fer et des nouvelles techniques de communication.

En 1851, il libéralisa donc le télégraphe électrique, jusque-là monopole de ses services et de l’armée. Relié à tous les départements français et aux grandes villes d’Europe, ce réseau se démocratisa si vite qu'il commença à saturer après trois années d'utilisation : les dépêches s'entassaient en attendant d’être envoyées, mettant à la lumière la nécessité d’un nouveau système de communication rapide.

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L’État donna ainsi son feu vert à l’expérimentation du système à air comprimé utilisé par les Anglais depuis 1853. La première ligne fut installée en 1866 entre le boulevard des Capucines et la place de la Bourse, au cœur du quartier d’affaires de la capitale, dans le deuxième arrondissement.

L’essai fut très concluant et la ligne, doublée pour éviter les encombrements, relia bientôt le Palais Brongniart au bureau central du télégraphe, au 103 rue de Grenelle dans le septième arrondissement.

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Une ligne circulaire de 7 km fut mise en service le 1er route 1867 et les tuyaux traversaient la Seine par les ponts de la Concorde et des Saints-Pères. En 1868, l’administration décida d’étendre le réseau aux 46 bureaux de Paris ouverts au télégraphe électrique, en commençant par ceux situés à l’intérieur de l’ancienne enceinte de l’octroi.

Charles Bontemps, ingénieur polytechnicien responsable des travaux, choisit de faire passer les tubes par les égouts, comme les fils du télégraphe. L’air comprimé nécessaire à son fonctionnement était produit par la pression des réservoirs d’eau de la ville, puis des machines à vapeur installées dans des « centre de force », qui distribuaient l’air dans chaque bureau.

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En 1879, la IIIᵉ république ouvrit le service au grand public et créa le ministère des Postes et des Télégraphes (P&T). La direction des postes commandait l'exploitation du courrier, tandis que celle des lignes télégraphiques entretenait les tubes et les engins à vapeur.

Les parisiens s’approprièrent aussitôt le pneumatique, avec 743 565 envois dès la première année ! Le « pneu » séduisait par sa rapidité et sa fluidité, même à l’heure de pointe : plusieurs curseurs, contenant chacun 25 messages, pouvaient être envoyés en même temps.

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Par ailleurs les pannes étaient très rares. En cas de bouchons, les bureaux envoyaient de la pression ou un piston mobile pour débloquer le curseur. Si rien n’y faisait, il fallait envoyer des mécaniciens démonter les tuyaux...

Technique étonnante pour trouver le point d’obstruction, les agents faisaient détoner un pistolet devant l’entrée du tube, puis mesuraient avec un chronoscope le temps que mettaient les ondes sonores pour se propager et revenir. Progressivement, le réseau fut déployé dans tout Paris et avant la fin de son utilisation en 1984, il totalisait 230 km de lignes et reliait 99 bureaux de poste !

Insolite

Dufayel : L'origine des Grands Magasins

Dufayel : L'origine des Grands Magasins

Fondés au XIXe siècle, les Grands Magasins Dufayel s’enorgueillaient d’être les plus grands magasins d’équipement et d’ameublement du monde. Fondés en 1856 boulevard Barbès par Jacques Crespin les Grands Magasins portaient alors le nom de « Palais de la Nouveauté » et proposaient à l’attention des classes populaires du mobilier et des équipements pour la maison principalement, mais aussi des jouets, de l’orfèvrerie, des vélos, des voitures. À la mort de Crespin en 1888, l’enseigne fut repris par l’un de ses employés, Georges Dufayel, qui, commis à l’origine, se retrouva patron des Grands Magasins.


Ingénieur et moderne, Dufayel a de grands projets pour ses Grands Magasins. Il est l’un des premiers à faire de la vente à crédit. Le client devait dans un premier temps fournir 20 % de la valeur du bien qu’il souhaitait acquérir. Des encaisseurs étaient ensuite chargés de passer au domicile des clients chaque mois pour récupérer leurs échéances. Dufayel disait à ce propos: “Moi messieurs, je ne travaille qu’avec les pauvres. Vous ne pouvez pas imaginer ce qu’il y a d’argent chez ces bougres-là”.


Pour séduire la classe populaire, l’attirer dans ses magasins et l’inciter à la dépense, outre les magnifiques galeries d’exposition bien garnies, le grand salon de lecture, l’imposant escalier de style art nouveau, Dufayel fit construire une piste cyclable où les amateurs pouvaient essayer les bolides proposés à la vente, mais aussi un cinématographe, un théâtre et un jardin d’hiver : le palmarium où les clients venaient se détendre dans l‘ambiance chaleureuse et lumineuse des tropiques. Il fit surmonter le dôme principal des magasins, rue de Clignancourt, d’un phare électrique. Les soirs de concerts et de représentation dans le théâtre, son faisceau scinde et balaye alors le ciel nocturne de Paris. Enfin, les visiteuses recevaient chacune en quittant les magasins, un petit bouquet de fleurs.


Entre 1874 et 1913, les galeries des Grands Magasins Dufayel s’agrandissent, allant du boulevard Barbès jusqu’aux rues de Clignancourt, de Sofia et Christiani. Ces nouvelles extensions seront l’oeuvre des architectes Le Bègue, père et fils, et de Gustave Rives, l’entrée monumentale au 26 du boulevard Barbès, l’œuvre de Jules Dalou et d’Alexandre Falguière.
Dufayel ouvrit plus de 400 succursales mais des mauvais placements le conduisirent à la ruine. Dufayel s’éteint en 1916, ses dettes colossales l’auraient poussé à mettre fin à ses jours et les Grands Magasins quant à eux ferment leurs portes en 1930. (Autre version : C'est une bronchite qui a évolué en pneumonie aigue qui l'a emporté en trois jours. En 1916, il n'y avait pas d'antibiotique.)


Les bâtiments servirent par la suite de lieux de stockage, d’abord pour les nazis pendants la Seconde Guerre mondiale, puis par la Croix-Rouge américaine. La Banque nationale de Paris BNP y installe après la guerre ses 6000 salariés. Dans les années 90, avec l’arrivée de l’informatisation, le nombre de salariés passe à un millier et la banque, qui n’a plus besoin de tant d’espace, se sépare d’une partie des bâtiments. Des Grands Magasins Dufayel d’origines il ne reste aujourd’hui que les façades, le dôme surmontant la façade principale a été démoli en 1957 après l’installation de la banque et l’intérieur des bâtiments remodelé dans les années 90.

E. Szwarc

Lieux & rues

Le Cerf de Saint Eustache

Le Cerf de Saint Eustache

L’église Saint Eustache est située dans le dans le 1er arrondissement à proximité du Louvre et des Jardins du Palais Royal. Donc, si vous vous promenez dans ce coin de Paris, n’hésitez pas à pousser jusque là, vous ne serez pas déçu.

Cette église est certainement considérée comme une des plus belles de Paris. Si vous levez la tête en arrivant, vous pourrez commencer par remarquer le cadran solaire qui orne le fronton de l’église. Et au-dessus de ce cadran solaire vous pouvez découvrir une sculpture assez inhabituelle pour ce genre d’édifice : une tête de cerf ornée d’une croix portant le Christ. Quelle est l’explication de cette tête de cerf ? S’agirait-il d’une offrande de chasseurs pour s’attirer les bonnes grâces ? C’est presque ça, mais pas tout à fait… 

Saint Eustache est à l’origine un général romain qui d’ailleurs, à ce moment-là, ne s’appelle pas Eustache mais Placide. Il porte bien son prénom puisqu’il est connu pour être un homme bon. L’histoire veut que Dieu se soit adressé à lui au cours d’une partie de chasse en prenant la forme d’un cerf. C’est au cours du baptême qui s’ensuit que l’évêque de Rome donne à Placide le nouveau nom d’Eustache.

Eustache va alors subir nombre d’épreuves qui lui feront tout perdre : fortune, femme, enfants… Il connaîtra toutefois un retour en grâce, ses qualités de général n’ayant pas été oubliées par l’empereur Trajan, et comme dans les plus belles histoires, il retrouvera même sa femme et ses enfants.

Le cerf de la façade de Saint Eustache

L’empereur Trajan disparu, c’est Adrien qui dirige Rome. Découvrant qu’Eustache est chrétien et refuse de participer aux cérémonies pour sacrifier aux idoles, il l’envoie avec sa famille aux arènes où ils connaîtront le martyre... Ils seront plongés à l’intérieur d’un bœuf d’airain rougi au feu pendant trois jours. Au sortir, bien que morts, on put constater que pas un cheveu, pas une partie de leur corps n’était brûlée. 

Voilà la raison qui explique la présence de cette tête de cerf sur cette église. Pour la petite histoire, cette église Saint Eustache aurait d’ailleurs très bien pu s’appeler Saint Hubert. En effet, en Champagne-Ardenne, cette légende du Saint ayant une vision de cerf est attribuée à Saint Hubert…

J-B. Plantin

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