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Visite Insolite Paris - Visite Guidée Paris Secret - Guide à Paris

La fontaine du Cimetière des Innocents

La fontaine du Cimetière des Innocents

Au coeur des Halles trône un étonnant vestige du Vieux Paris : la fontaine des Saints-Innocents. Édifiée en 1260 sur le parvis d'une petite église, elle marquait le lieu où l'on célébrait l'entrée des Rois de France de retour de leur sacre à la cathédrale de Reims. En 1550, le sculpteur Jean Goujon est chargé de décorer la fontaine par les services du roi Henri II, dont on peut d'ailleurs voir l'initiale entourée d'une couronne de laurier sur les angles de la fontaine. À l'occasion, le dôme est recouvert d'une subtile couche d'écailles tandis que le pourtour des chapiteaux est orné de bas reliefs représentant des petits génies et des créatures mythologiques, symbolisant la richesse de la Seine.

Pour compléter le décor, des nymphes gracieuses sont encastrées dans les pilastres soutenant les arcades. Ces divinités féminines tiennent des vases et des grandes rames en référence à l’abondance des sources d’eau de la région. Il est probable que ces objets rendent aussi un hommage aux Nautes, la puissante corporation de marins du 1er siècle apr. J.-C., qui fit prospérer le commerce de Lutèce grâce au transport fluvial.

Or en observant cette magnifique fontaine, on est loin de se douter qu’à son emplacement s’étendait autrefois la plus grande nécropole de la capitale, où s’entassaient des millions de macchabées. Devenu insalubre au fil des siècles, le cimetière débordait au point que des défunts étaient enfouis jusque dans les caves des maisons du quartier, où l’on retrouve encore parfois aujourd’hui des fragments de squelettes. Il fallut attendre 1786 pour que les innombrables ossements soient transférés dans les anciennes carrières du sud de la capitale, devenues les Catacombes de Paris !

Monuments

Des fleurs et des préfets

Des fleurs et des préfets

En 1808, Napoléon signe un décret actant que le marché floral du quai de la Mégisserie sera déplacé entre Notre-Dame de Paris et la Sainte Chapelle. Le nouveau marché aux fleurs est donc inauguré en août 1809, avec une dizaine de petites échoppes. Niché sur l'Île de la Cité, ce petit marché est ainsi le plus ancien de la capitale encore en activité. Dès 1874, il est réaménagé avec des stands un peu plus solides et surtout équipé de deux grandes fontaines Wallace (encore visibles aujourd'hui), qui permettront aux fleuristes d'arroser leurs marchandises avec de l'eau fraîche.

Attirés quelques années plus tard par la popularité grandissante de la place verdoyante, les vendeurs d'oiseaux de l'ancien marché Saint-Martin décident de s'y installer chaque fin de semaine afin d'y proposer un choix de canaris et de petites perruches. Depuis lors, le marché aux fleurs se transforme tous les dimanches en marché aux oiseaux.

La proximité avec le 36 quai des Orfèvres et la préfecture de police, fait que la place est renommée en 1934 en l'honneur de Louis Lépine, ancien préfet de Paris qui créa le célèbre concours français des inventeurs. Notez aussi que le promenoir du marché s'appelle "allée Célestin Hennion", successeur de Lépine à la tête de la police parisienne et surtout créateur des fameuses Brigades du Tigre !

En 2014, la Reine d'Angleterre est en visite officielle en France et décide de faire un détour par les échoppes enivrantes de l'Île de la Cité. L'accueil se voulant courtois, une nouvelle plaque est installée et l'on décide de renommer la halle parfumée "Marché aux Fleurs Reine-Elizabeth II". Si l'on fit cette fleur la Reine, c'est parce qu'il se murmure qu'elle y aurait vécut quelques émois en 1948, juste avant d'épouser le prince Philippe... Malgré les années qui passent, le temps s'est arrêté sous les pavillons de verre et de fonte. Le marché aux fleurs et aux oiseaux demeure un endroit authentique, une merveilleuse invitation à la flânerie et à l’évasion.

Lieux et rues

La perruque de Napoléon

La perruque de Napoléon

Lorsque le Louvre est construit à la fin du XIIᵉ siècle, la préoccupation de Philippe II est plutôt d'en faire une forteresse. Progressivement agrandi et transformé en fastueuse demeure pour les Rois de France, le palais subit ses plus importantes modifications sous le règne de Louis XIV. Avant cela, le Roi-Soleil décide toutefois de faire ériger une immense façade à l'Est, justement du côté où le soleil se lève.

Pour la conception de la bâtisse, l'un des architectes impose son projet d'immense colonnade, longue de 170m et haute de 27m, composée de 52 colonnes corinthiennes. Il s'agit de Claude Perrault, frère du célèbre auteur des contes de Perrault. Au centre de la façade, une grande porte est installée afin que l'entrée du roi puisse se faire en grande pompe. À l'époque, c'est l'orient qui importe pour l'arrivée du souverain, pas l'ouest, accès aujourd'hui favorisé par les touristes pour découvrir la célèbre pyramide...

Étonnamment, juste après la fin du chantier, Louis XIV décide de quitter le Louvre pour s'installer au Château de Versailles, qu'il juge plus adapté à la grandeur de sa cour et de son règne. La façade du pavillon central de la colonnade du Louvre demeure lisse, jusqu'à ce que le sculpteur François Lemot, soit sollicité en 1808, pour décorer le haut du bâtiment avec un superbe fronton à la gloire de Napoléon 1er. Le buste de Bonaparte est ainsi représenté entouré de déesses et de muses de la mythologie grecque, dont le nom donna par évolution de langage le mot "Musée".

La composition sculptée sublime l'édifice, mais lorsque la monarchie revient au pouvoir en 1814 avec Louis XVIII, le Roi revanchard des actes de son prédécesseur Bonaparte, demande à ce que l'on fasse disparaître toute trace de l'Empire sur les monuments de France. Facile à dire, mais très compliqué à faire ! Pour satisfaire l'exigence royale, des centaines de sculpteurs sont envoyés aux quatre coins du territoire afin d'effacer les emblèmes de Napoléon. Louis XVIII a notamment dans son collimateur le fronton de la colonnade du Louvre et exige que le buste impérial soit décapité. Finalement, ses architectes proposent une solution qui évitera de casser l'harmonie de l'ensemble sculpté : Ils arrivent à convaincre le souverain qu'il suffit de rajouter une perruque de pierre sur la tête de Napoléon, puis de buriner "LUDOVICO MAGNO" en dessous, afin de transformer le tout, "ni vu, ni connu", en hommage à Louis XIV !

Satisfait du déguisement, le roi retourne se consacrer pleinement à la restauration du pouvoir monarchique. Ce faisant, il oublie néanmoins de remarquer le bouclier de droite tenu par Athéna (déesse de la guerre et de la sagesse), décoré de douze abeilles et d'un aigle avec les ailes ouvertes, symboles ô combien importants du règne de Napoléon 1er !

Ainsi vont les desiderata des hommes de pouvoir, souvent emprunts de contradictions que l'Histoire transforme au fil du temps en anecdotes ironiques...

Insolite

Une Cène minuscule

Une Cène minuscule

Juste de l'autre côté de la colonnade Est du Louvre, l'énigmatique église Saint-Germain-l'Auxerrois présente une façade extraordinaire dont les colonnes et les entrées sont décorées de centaines d'intrigantes et minuscules figurines de pierre, que les bâtisseurs du moyen-âge ont pris un malin plaisir à cacher dans les plus infimes recoins. Ainsi, plus on observe, plus on est subjugué par la finesse et l'originalité des détails.

En se plaçant face au portail de droite et en levant les yeux, on découvre une fabuleuse clé de voûte. Sculptée avec une remarquable minutie, l'oeuvre représente l'un des événements fondateurs du christianisme, la Sainte Cène, qui qualifie le dernier repas de Jésus-Christ en compagnie des douze apôtres, la veille de sa crucifixion et trois jours avant sa résurrection. Pain, vin rouge et viande de veau constituent alors l'ultime dîner.

Admirez la précision millimétrique de ce tableau en relief qui date du XVᵉ siècle. Chaque détail ne mesure que quelques centimètres et fait pourtant ressortir une ambiance particulièrement vivante : observez les drapés des vêtements, les contenus des assiettes, la finesse des cheveux et des barbes...

En bas de la composition, Judas prie les mains jointes pour se faire pardonner d'avoir trahi Jésus en le livrant aux Romains qui pourchassent les chrétiens. Vous pouvez aussi voir au milieu du banquet, l'apôtre Jean qui s'effondre tant il est peiné de savoir que le lendemain sera fait d'une mort certaine. Pourtant, juste à droite, Jésus semble serein et observe ses acolytes d'un regard bienveillant.

Selon l'évangile de Saint-Jean, en ce moment festif mais douloureux, Jésus répète le commandement suivant : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».

Insolite

L'immeuble cathédrale

L'immeuble cathédrale

Sous le Second Empire, le nord des Halles de Paris est encore peu urbanisé. Les services de la ville décident donc de prolonger la rue de Réaumur en faisant construire une impressionnante série d'immeubles entre les actuelles stations de métro Arts & Métiers et Bourse. Pour encourager la créativité des bâtisseurs, la collectivité organise en 1897 un concours de la façade la plus innovante. Quatre seront primées mais pas celle de "l'Immeuble Cathédrale" visible sur la photo, pourtant reconnue comme l'une des plus extraordinaires du quartier. Digne d’un portail d’église, cet énigmatique fronton de pierre  est conçu dans un style néogothique par les architectes Jouannin et Singery, en collaboration avec le sculpteur Jacquier, et présente une composition décorative particulièrement originale, centrée sur le thème du Temps. 

La clé de voûte de la porte d'entrée annonce le sujet avec un double faciès de Janus, dieu romain des passages, qui prévient de la transition temporelle qui s'effectuera quand le visiteur rentrera dans l'édifice. Et le concept du "Temps" devient encore plus évident lorsque l'on observe le coeur de la façade, où des superbes mascarons représentent les quatre saisons. En haut à gauche, la déesse Flore sourit pour annoncer le Printemps tandis qu'en dessous, la nymphe Pomone incarne l'Automne. En bas à droite, Borée, le dieu du Vent, souffle pour prévenir de l'Hiver, et au-dessus de lui, Ceres, déesse de l'agriculture et de la fertilité, personnifie les douceurs de l'Été.

On peut ensuite remarquer entre les arcades, des sculptures minutieuses des douze signes du zodiaque, qui figurent les grandes périodes qui définissent une année. D'ailleurs on retrouve aussi le zodiaque un peu plus haut, tout autour du cadran de l'horloge, mais sous forme de symboles dorés, dans des médaillons richement décorés. En observant bien le centre de la rosace, les curieux peuvent même apercevoir un baromètre  capable de prédire la météo sur une échelle de 8 niveaux, depuis la tempête jusqu'à la canicule ! L'extraordinaire façade de ne se contente donc pas de symboliser le temps qui passe, mais prédit aussi le temps qu'il fera... 

Art et Culture

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