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Visite Insolite Paris - Visite Guidée Paris Secret - Guide à Paris

La tentation des sénateurs

La tentation des sénateurs

Vers l’an 1766, le sieur Lefèvre, limonadier du Roi Louis XV, fait fortune en vendant ses boissons rafraichissantes à la cour. Prévoyant, il décide de placer ses gains en rachetant un petit hôtel particulier situé en face de l’Île de la Cité, qu’il transforme en un commerce de vins et de spiritueux. La proximité de la boutique avec le marché des volailles contribue au succès immédiat de l’établissement, tant et si bien que le jeune marchand décide de rajouter un espace de restauration et d’aménager les pièces du premier étage en petites chambres d’hôtellerie.

Un siècle plus tard, le nouveau propriétaire Jules Lapérouse, profite de l’homonymie de son patronyme avec celui du grand explorateur Jean-François La Pérouse, pour renommer la charmante auberge et faire apposer à l’angle de l’immeuble une peinture représentant le galion du célèbre marin-aventurier. Au rez-de-chaussée, les cadres de bois sont embellis avec des superbes portraits de femmes en costume de la Belle Époque, tandis que le haut de la façade est décoré de blasons renfermant un sarment de vigne et une couronne, qui rendent hommage au premier magasin de vin créé par l’ancien limonadier royal.

Mais les plus beaux ornements sont sans conteste les grands lampadaires peints en bleu et or, dont les formes arrondies font écho aux volutes végétales du logo du restaurant. À l’étage, Lapérouse fait aussi transformer les chambres en petits salons confidentiels où l’on déguste des plats divins qui propulsent le restaurant au sommet de la gastronomie française.

Dès la fin du XX siècle, pendant qu’Eiffel construit sa tour pour impressionner les visiteurs de l’exposition universelle de Paris, toute l’intelligentsia de la capitale se bouscule au portillon de la nouvelle cantine à la mode : Zola, Maupassant, Baudelaire et même Proust viennent s’y régaler. En 1933, Lapérouse devient alors le premier restaurant à obtenir les trois étoiles au guide Michelin. On s’y croise, on s’y confie, on s’y encanaille surtout. À l’abri des regards, les petits salons privés deviennent l’antre des amours des sénateurs et des “Cocottes”, sulfureuses courtisanes ne proposant leurs charmes qu’en échange de somptueux bijoux. Certaines d’entre elles vont même jusqu’à graver leurs initiales en bas des miroirs du restaurant, afin de vérifier si les diamants offerts ne sont pas factices !

Ainsi, au fil des dîners mondains et des soirées enivrantes, les années passent mais la gloire de Lapérouse ne s’essouffle pas. Ses illustres salons continuent à attirer les célébrités telles que Delacroix, Berlioz, Sarah Bernhardt et Orson Welles. Même Colette s’y réfugie pour rédiger son roman “Chatte” et Balzac s’en inspire pour son roman-feuilleton “La Maison Nucigen”.

Récemment rénové dans l’esprit de la Belle Époque, Lapérouse propose toujours aujourd’hui de superbes expériences culinaires que l’on peut agrémenter avec l’une des 12 000 bouteilles de vins préservées dans la grande cave de 300 m2. Dans ce restaurant mythique, chaque étage est encore un rendez-vous digne d’un décor de cinéma, dont les murs ne dévoilent leurs secrets qu’à la lumière des chandelles...

La légende d'Arcole

La légende d'Arcole

Construit en 1828 pour relier la place de l'Hôtel de Ville et l'île de la Cité, le petit pont d'Arcole est tout d'abord réservé aux piétons puis agrandi par le Baron Haussmann lors de ses grands travaux de réaménagement de Paris sous le Second Empire, vers 1854. Pour ce chantier, on retient le projet innovant des ingénieurs Oudry et Cadiat, qui proposent de construire pour la première fois en France un pont de fer (et pas en fonte).

Grace à ce matériau plus flexible, l'idée est de bâtir une grande voûte composée de 14 poutres courbées de 80 mètres de long, qui franchira le fleuve sans pilier intermédiaire et permettra de libérer le plus de place possible pour la navigation des péniches et des bateaux mouche. Contrairement à d'autres ponts de Paris, la structure métallique n'est pas affublée de décors abondants car la mode architecturale de l'époque penche plutôt pour des surfaces lisses et des longues lignes mettant en valeur la perspective. Une tendance qu'appliquera d'ailleurs Gustave Eiffel pour créer sa célèbre tour cinq années plus tard.

Reste le nom du pont, Arcole, dont l'origine reste un mystère... Une histoire voudrait que pendant la révolution des trois glorieuses, en juillet 1830, un valeureux sans-culotte nommé "Arcole", aurait réussi à franchir seul la passerelle barricadée et à faire fuir l'ennemi pour libérer la voie à ses camarades révoltés contre la monarchie. Le pont aurait ensuite été nommé en son hommage.

Autre explication possible, l'ouvrage aurait été baptisé en référence au village d'Arcole, situé au nord-est de l'Italie. C'est en effet dans cette contrée vénitienne que le jeune général Bonaparte, colérique et impopulaire, réussit à rentrer dans la légende en menant habilement ses troupes fatiguées et désorganisées pour battre les puissantes armées Autrichiennes.

Il y a peu de chances que l'on découvre un jour si l'une des deux histoires est la bonne, mais il faut toutefois retenir qu'elles font toutes deux référence aux défaites de la monarchie et à la gloire de la République Française !

Les secrets du premier palais

Les secrets du premier palais

Première résidence historique des Rois de France, le Palais de l’île de la Cité se dresse majestueusement le long de la Seine. En face du Pont au Change, la Tour de l'horloge est surmontée d'un superbe petit pavillon dont le toit de tuiles est recouvert de chevrons d'or. Dans le prolongement du quai, se trouvent deux tours jumelles. La Tour de César, qui fut bâtie sur des fondations de l'empire Romain, et la Tour d'Argent, où était conservé le trésor de la Couronne. Plus à l'ouest, la Tour Bonbec, tire son nom d'un cachot où l'on torturait les condamnés pour faire sortir des aveux de leur "bec" !

Si les documents les plus anciens attestent d’une bâtisse aménagée ici en 638 après J-C. par le bon roi Dagobert (celui qui mit sa culotte à l'envers), ce n’est que 300 ans plus tard, sous le règne du souverain Hugues Capet, que le palais prend son essor.

Vers l'an 1165, Philippe Auguste s'apprête à partir en croisade pour rejoindre les Templiers qui défendent les intérêts chrétiens en Terre Sainte. Il lance alors le chantier de la grande muraille de Paris et fait aussi transformer la demeure en château fort pour protéger la cour et conserver les archives royales.

Embelli et habité par toutes les dynasties de la monarchie française du moyen âge, le château gothique devient un symbole de la puissance politique et religieuse. Une immense salle des gardes est aménagée dans les sous-sols, afin d'accueillir le réfectoire où l'on sert chaque jour près de 2000 repas, aux employés et aux gens d'armes.

Or à la fin du 14ᵉ, Charles V subit la révolte menée par le prévôt des marchands de Paris, Etienne Marcel, qui veut limiter le pouvoir royal sur le commerce. En réponse aux pressions qu'il subit, le souverain décide de déménager au Louvre et désigne le concierge du palais comme administrateur, responsable de l’organisation judiciaire et de la prison. C'est de cette nomination que naîtra d'ailleurs le nouveau nom du château : la Conciergerie.

Durant la Révolution Française, le bâtiment est le lieu d’une intense activité judiciaire du fait de l’installation du Tribunal révolutionnaire. En janvier 1793, Louis XVI est guillotiné devant les sans-culottes. Une grande coalition militaire rassemble les plus puissants pays du continent contre la France, afin de restaurer la monarchie. C'est l'époque de la Terreur.

Les innombrables détenus sont entassés par groupes de dix dans des cellules d'à peine 10m² et dans les tribunaux du palais, seul un accusé sur trois n'est pas condamné à mort. Ravaillac, Danton, Robespierre et bien d'autres personnalités sont enfermées dans les cachots du château pour être ensuite décapitées sur la place publique. Mais la détenue la plus célèbre est sans conteste la reine Marie Antoinette, qui sera gardée pendant 40 jours dans une cellule sans confort ni intimité.

Les années passant, la conciergerie accueille de moins en moins de détenus et le pouvoir en place transforme le lieu en immense pôle judiciaire. En 1857 on y juge Baudelaire pour son ouvrage "Les fleurs du mal", qui est accusé d'outrage à la morale publique et à la morale religieuse (il sera condamné à 300 francs d'amende). La même année se tient le procès de Gustave Flaubert, dont le roman "Madame Bovary" est accusé d'outrage aux bonnes mœurs (lui est acquitté). 

En 1898, l'écrivain Émile Zola y est aussi condamné pour avoir pris la défense du capitaine Dreyfus, soupçonné d'avoir livré des documents secrets aux Allemands. Et en 1945, le Maréchal Pétain sera jugé de collaboration avec le régime d'Hitler et condamné à mort avant d'être gracié par le Général de Gaulle.

Aujourd'hui, la Conciergerie et le palais de justice s'étendent sur une surface de 6 hectares. Plus de 10 000 avocats, procureurs, justiciables et touristes déambulent dans un labyrinthe de 25km de couloirs. Or, lorsque les visiteurs fatigués se posent dans la buvette du palais pour prendre un rafraîchissement, peu d'entre eux réalisent qu'ils sont assis dans l'ancienne salle d'attente des condamnés, là ou passèrent plus 4000 prisonniers avant de monter dans les charrettes qui les emmenaient vers leur dernière destination...

Rien que la vérité

Rien que la vérité

Trait d’union entre la rue des Bons-Enfants et la place de Valois, le Passage Vérité se faufile sous une haute voûte de pierre de taille, offrant une superbe perspective sur le majestueux pavillon de l’aile orientale du Palais-Royal.

Il est conçu au XVIIIᵉ siècle par Jean-Sylvain Cartaud, architecte de la maison d'Orléans et conseiller royal pour l’acquisition des œuvres d’art. Agrémenté de deux lanternes, il permet alors aux corps d’armée de mieux circuler de jour comme de nuit, afin de surveiller les environs et repousser les brigands venus de la Cour des Miracles, sorte d’immense repaire de criminels, située à moins de 500 mètres à l’est.

L’arcade est toutefois rendue publique en 1799, afin que les Parisiens puissent facilement déambuler depuis la zone du Châtelet jusqu’aux Jardins du Palais Royal. L’abri discret est alors rapidement occupé par des échoppes de marchands d’estampes, de bouquinistes et de vendeurs de gazettes. Pourtant, à cette époque, de nombreux parisiens sont illettrés et leur manque de culture laisse planer une croyance selon laquelle seuls les écrits ne mentent pas.

Il n’en faut pas moins pour que le petit passage truffé de bouquins et de journaux se transforme en lieu où l’on peut -paraît-il-, trouver une réponse vraie à toutes les questions que l’on se pose.

C’est de là que vient son nom, “Passage de la Vérité”, qui sera plus tard écourté pour devenir “Passage Vérité”. En passant sous l’arche, vous ne vous soucierez certainement pas de ces temps où Paris était une ville de légendes et de rumeurs, mais vous pourrez quand même réfléchir à cette belle citation du célèbre écrivain Jules Renard : “Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.”

Au temps des rois

Au temps des rois

Jusqu’au moyen âge, le siège de la Monarchie Française se trouve au Palais de la Cité. Mais dès l’an 1370, tandis que le pays traverse la Guerre de Cent Ans, le souverain Charles V décide de déménager au Louvre afin laisser son château aux mains des autorités juridiques et pénitentiaires, qui ne tardent pas à transformer les locaux en immense prison lugubre pour enfermer les innombrables condamnés de la province de Paris.

Or à cette époque, pour connaître l’heure exacte, les Parisiens n’ont pas d’autre choix que de consulter les cadrans solaires disséminés sur les murs de la capitale, où de se référer au bourdonnement des clochers des églises. Soucieux du confort des riverains, le roi demande donc à un horloger Lorrain, Henri de Vic, de concevoir la première grande horloge publique de Paris, qui sera installée sur la façade Est de la tour du Palais de la Cité.

Recouverte de fines feuilles d’or et parée d'un superbe manteau bleu parsemé de fleurs de lys, elle est dotée d'imposantes cloches qui sont sonnées à chaque heure, de jour comme de nuit, et s'emballent dans un carillon incessant lorsqu'il faut annoncer les naissances, mariages ou décès des membres de la famille royale. La magnifique horloge devient ainsi incontournable dans le quotidien des riverains, mais son exposition extérieure ne l'épargne pas des agressions climatiques. En 1685, le roi Henri III ordonne donc une importante restauration et demande qu’on l’enjolive avec plus de décors.


Deux petites statues sont alors installées de part et d'autre du cadran. À droite, la déesse grecque Thémis incarne la Justice, tenant un glaive dans sa main droite, symbole du châtiment, et une balance dans l’autre, qui rappelle la justice divine du pouvoir Royal. À gauche une autre statuette représente l'allégorie de la Loi, portant un sceptre ainsi qu’une tablette contenant de l'inscription latine : « SACRA DEI CELEBRARE PIVS REGALE TIME IVS ». Ce qui signifie « Pieux envers les choses sacrées, respecte aussi le droit royal ! », un message rappelant aux parisiens de l'époque qu'il était préférable de se soumettre au pouvoir de sa majesté !

Au sommet et en bas de l'horloge, deux imposantes plaques gravées sont aussi installées. Dans celle du haut, la phrase signifie "Celui qui a déjà deux couronnes et qui en donnera une troisième", rendant hommage au roi Henri III, qui fut d'abord Grand Duc de Lituanie puis Roi de Pologne avant de devenir roi de France, et qui était ainsi logiquement destiné donner naissance à l'héritier de la couronne de France (remarquez d'ailleurs les deux blasons tenus par des anges au-dessus, avec des fleurs de lys pour la France, et un aigle sur fond rouge pour la Pologne). En bas, le second cartouche contient un second texte qui compare l'horloge à un instrument du pouvoir royal : "Cette machine qui fait aux heures douze parts si justes, enseigne à protéger la Justice et à défendre les Lois !".

Autres curiosités datant d'une restauration plus récente, les intrigants monogrammes insérés sous le toit. Il s'agit en fait d'un hommage à d'illustres membres de la monarchie, sous la forme d'initiales entrelacées. Des « H » superposés à des « C » sont inscrits en souvenir d'Henri II et Catherine de Médicis, instauratrice de la liberté de conscience pour les protestants. À côté, les mélanges de « H » et de « M » qualifient un couple royal célèbre pour ses adultères : Henri IV, l'infatigable dragueur surnommé "Le Vert Galant", et Marguerite de Valois, alias la sulfureuse "Reine Margot" !

Éternel témoin de l'ancien Royaume de France, la plus vieille horloge de Paris est une merveille du patrimoine parisien qu'il ne faut pas louper sous aucun prétexte si vous flânez sur l'île de la Cité. Et si vous êtes agacé par le grand platane juste devant, qui gêne parfois la prise de photo, sachez que la mairie de Paris a toujours refusé de le couper : après le temps du droit monarchique, c’est la nature qui reprend ses droits !

Le vaisseau amiral

Le vaisseau amiral

Au cours du XIXᵉ siècle, les Champs Élysées attirent la riche société qui aime parader en calèche le long de la plus belle avenue du monde. La démultiplication des fiacres est une aubaine pour les artisans du monde hippique qui s'installent progressivement dans le quartier. La famille Hermès crée son atelier de sellerie tandis que la maison de maroquinerie Goyard invente la toile cirée décorée d'une répétition de motifs, la "Goyardine". À la même période, le jeune Louis Vuitton quitte son Jura natal et se fait embaucher comme apprenti chez un malletier parisien. Son énorme talent lui permet rapidement de concevoir des commandes pour de prestigieux clients, dont l'impératrice Eugénie en personne.

Conscient que le monde du transport vit une révolution avec l'avènement des machines à vapeur, Louis fonde sa propre marque de bagages en 1854. Il crée ainsi des malles innovantes, solides et empilables, capables d'accompagner les voyageurs avec élégance, aux quatre coins de la planète. Les affaires fructifient et Vuitton est bientôt rejoint par son fils Georges pour développer l'enseigne à l'étranger. La marque s'affiche alors à Londres et New York où les glorieux produits se vendent comme des petits pains.

Louis Vuitton décède en 1892, après avoir fondé l'un des plus beaux fleurons du luxe à la française. Pour continuer à développer le prestige de la marque, les héritiers font l'acquisition en 1914 d'un bâtiment au numéro 70 des Champs Élysées, "Le Vuitton Building", où ils installent une nouvelle grande boutique. 

Le superbe immeuble de style Art Nouveau, abrite le grand magasin Vuitton jusqu'en 1995, année où l'entreprise décide de déménager à l'angle de l'avenue George V où se dressera dorénavant le vaisseau amiral de la célèbre marque, en face du célèbre Fouquet's (cf. photo).

Bénéficiant d'une situation exceptionnelle, les somptueux locaux sont rénovés de sorte à améliorer sensiblement la performance énergétique de l’immeuble, pour atteindre prochainement la neutralité carbone. Tandis que les étages supérieurs accueillent des bureaux, le magasin principal s'élève sur quatre niveaux et se déploie sur une impressionnante surface commerciale de 6400 m², faisant de cette implantation, la plus grande boutique au monde de l'enseigne !

En 2015, le magazine Forbes classait Vuitton au 14e rang dans sa liste des marques les plus influentes au monde. La même année, le street-artiste EZK (cf. site web ci-dessous) dessinait une œuvre au pochoir sur les murs de Paris, représentant un petit africain dans un seau estampillé du fameux monogramme du malletier, avec un slogan devenu célèbre : « Dans quel monde Vuitton ? ».

La cachette des Irlandais

La cachette des Irlandais

La première communauté dédiée à l’accueil des prêtres et des étudiants ecclésiastiques irlandais fut créée au début du 17e siècle à Paris, par le père John Lee. Leur nombre étant devenu important dans le quartier du Panthéon, on décida de renommer l’ancienne rue du Cheval Vert en « Rue des Irlandais ». Un ancien hôtel particulier fut même transformé en 1769 pour les accueillir : le collège des Irlandais était né.

Confisqué sous la révolution, le bâtiment fut utilisé sous Napoléon 1er pour rassembler tous les Irlandais de France et fut ensuite  transformé an hôpital pour les soldats blessés durant la guerre de 1870. Le collège servit aussi de refuge pour l’armée américaine en 1945, puis « changea de patrie » pour héberger le collège Polonais…. Ce n’est qu’en 1998 que le lieu retrouva ses racines celtes pour accueillir le Centre Culturel Irlandais.

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À l’écart du tumulte parisien, sa cour tranquille donne accès à une superbe chapelle consacrée à Saint-Patrick, apôtre de l'Irlande. Sa particularité réside dans ses bancs qui ne font pas face à l'autel mais qui sont adossés aux murs latéraux et forcent les personnes assises à tourner la tête pour suivre la messe de l'aumônier irlandais, qui à d'ailleurs lieu tous les dimanches... en anglais !

Juste au dessus de la chapelle, une bibliothèque tout en longueur préserve plus de 8000 ouvrages dont de très rares manuscrits remontant jusqu'au 15e siècle et d'impressionnantes collections de livres l’histoire de l’Irlande.

Aujourd’hui, le centre est ouvert à tous et propose un programme d’évènements culturels variés, mettant bien évidemment l’Irlande à l’honneur. En souvenir de son glorieux passé, il loue encore 45 chambres aux étudiants Irlandais de Paris. Un endroit à visiter en priorité le jour de la fête de St Patrick pour déguster une bonne bière irlandaise et s'essayer à quelques pas de danses celtiques au rythme des musiques irlandaises !

Le dernier temple impérial

Le dernier temple impérial

Étonnant monument de 108 mètres de long, l'église Saint-Marie-Madeleine trône au coeur de Paris, à deux pas de la place de la Concorde. La construction de l'édifice religieux commença pendant l'ère Napoléonienne, tandis que Bonaparte avait décidé d'ériger dans la capitale un immense temple à la gloire de sa Grande Armée. 

Le chantier de l'édifice fut commencé d'après le modèle d'un temple antique périptère, c'est-à-dire entouré de rangées de colonnes sur toutes ses faces (comme le Parthénon situé à Athènes). Une architecture choisie pour faire un parallèle entre la puissance Française de l'époque et la grandeur passée de l'Empire Romain.

Or malgré les moyens faramineux engagés pour la construction, les travaux n'avançaient pas assez vite et l'empereur ordonna de re-localiser le projet au sommet des Champs Elysées pour y faire bâtir le célèbre Arc de Triomphe.

En dépit cela, la construction de la Madeleine continua mais elle ne fut achevée que 78 ans après la pose de sa première pierre. Rendue au culte religieux, l'église fut finalement consacrée en 1842 sous Louis Philippe, dernier roi à avoir régné en France.

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Caractéristique insolite de l'église, elle ne possède ni clocher, ni croix, ni transept. Seul rappel architectural extérieur à la religion, son fronton sculpté qui représente le jugement Dernier. Et juste en dessous une large inscription en latin, « D.O.M. SVB. INVOC. S. M. MAGDALENAE », qui signifie « Au Dieu très bon et très grand, sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine ».  

Le gigantesque perron du monument mène vers une grande porte en bronze qui ouvre une perspective vers une nef grandiose ayant la particularité d'avoir une superbe acoustique. Lors de certains week-ends, les « Dimanches musicaux de La Madeleine » permettent d'ailleurs de profiter à prix préférentiel de concerts reprenant les grandes oeuvres de la musique classique. Une expérience extraordinaire à ne pas louper !

Les petits tubes de Paris : la poste pneumatique

Les petits tubes de Paris : la poste pneumatique

Du second empire aux années 1980, le parisien qui voulait expédier rapidement un message avait deux possibilités : embaucher un coursier, qui restait souvent coincé dans les embouteillages, ou utiliser le réseau pneumatique de la Poste, un étonnant service de transport par air comprimé !

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Pour trois à cinq fois le prix d’une lettre classique, un postier glissait le pli dans un cylindre en métal (appeler curseur) qui l’envoyait dans un dédale de tuyaux souterrains. Grâce à la différence de pression créée par les machines, l’objet filait comme soufflé par une sarbacane, dans un concert de carillons métalliques, vers un autre bureau de poste.

Là, le message était confié à un facteur qui le portait à la bonne adresse. Une heure seulement après son envoi, le « petit bleu » (en référence à la couleur du papier utilisé), était entre les mains de son destinataire !

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Aux origines du pneumatique, il y avait un besoin économique : au milieu du XIXe siècle, le président de la république Louis Napoléon Bonaparte, voulu moderniser le capitalisme français, favoriser le développement du chemin de fer et des nouvelles techniques de communication.

En 1851, il libéralisa donc le télégraphe électrique, jusque-là monopole de ses services et de l’armée. Relié à tous les départements français et aux grandes villes d’Europe, ce réseau se démocratisa si vite qu'il commença à saturer après trois années d'utilisation : les dépêches s'entassaient en attendant d’être envoyées, mettant à la lumière la nécessité d’un nouveau système de communication rapide.

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L’État donna ainsi son feu vert à l’expérimentation du système à air comprimé utilisé par les Anglais depuis 1853. La première ligne fut installée en 1866 entre le boulevard des Capucines et la place de la Bourse, au cœur du quartier d’affaires de la capitale, dans le deuxième arrondissement.

L’essai fut très concluant et la ligne, doublée pour éviter les encombrements, relia bientôt le Palais Brongniart au bureau central du télégraphe, au 103 rue de Grenelle dans le septième arrondissement.

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Une ligne circulaire de 7 km fut mise en service le 1er route 1867 et les tuyaux traversaient la Seine par les ponts de la Concorde et des Saints-Pères. En 1868, l’administration décida d’étendre le réseau aux 46 bureaux de Paris ouverts au télégraphe électrique, en commençant par ceux situés à l’intérieur de l’ancienne enceinte de l’octroi.

Charles Bontemps, ingénieur polytechnicien responsable des travaux, choisit de faire passer les tubes par les égouts, comme les fils du télégraphe. L’air comprimé nécessaire à son fonctionnement était produit par la pression des réservoirs d’eau de la ville, puis des machines à vapeur installées dans des « centre de force », qui distribuaient l’air dans chaque bureau.

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En 1879, la IIIᵉ république ouvrit le service au grand public et créa le ministère des Postes et des Télégraphes (P&T). La direction des postes commandait l'exploitation du courrier, tandis que celle des lignes télégraphiques entretenait les tubes et les engins à vapeur.

Les parisiens s’approprièrent aussitôt le pneumatique, avec 743 565 envois dès la première année ! Le « pneu » séduisait par sa rapidité et sa fluidité, même à l’heure de pointe : plusieurs curseurs, contenant chacun 25 messages, pouvaient être envoyés en même temps.

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Par ailleurs les pannes étaient très rares. En cas de bouchons, les bureaux envoyaient de la pression ou un piston mobile pour débloquer le curseur. Si rien n’y faisait, il fallait envoyer des mécaniciens démonter les tuyaux...

Technique étonnante pour trouver le point d’obstruction, les agents faisaient détoner un pistolet devant l’entrée du tube, puis mesuraient avec un chronoscope le temps que mettaient les ondes sonores pour se propager et revenir. Progressivement, le réseau fut déployé dans tout Paris et avant la fin de son utilisation en 1984, il totalisait 230 km de lignes et reliait 99 bureaux de poste !

Dufayel : L'origine des Grands Magasins

Dufayel : L'origine des Grands Magasins

Fondés au XIXe siècle, les Grands Magasins Dufayel s’enorgueillaient d’être les plus grands magasins d’équipement et d’ameublement du monde. Fondés en 1856 boulevard Barbès par Jacques Crespin les Grands Magasins portaient alors le nom de « Palais de la Nouveauté » et proposaient à l’attention des classes populaires du mobilier et des équipements pour la maison principalement, mais aussi des jouets, de l’orfèvrerie, des vélos, des voitures. À la mort de Crespin en 1888, l’enseigne fut repris par l’un de ses employés, Georges Dufayel, qui, commis à l’origine, se retrouva patron des Grands Magasins.


Ingénieur et moderne, Dufayel a de grands projets pour ses Grands Magasins. Il est l’un des premiers à faire de la vente à crédit. Le client devait dans un premier temps fournir 20 % de la valeur du bien qu’il souhaitait acquérir. Des encaisseurs étaient ensuite chargés de passer au domicile des clients chaque mois pour récupérer leurs échéances. Dufayel disait à ce propos: “Moi messieurs, je ne travaille qu’avec les pauvres. Vous ne pouvez pas imaginer ce qu’il y a d’argent chez ces bougres-là”.


Pour séduire la classe populaire, l’attirer dans ses magasins et l’inciter à la dépense, outre les magnifiques galeries d’exposition bien garnies, le grand salon de lecture, l’imposant escalier de style art nouveau, Dufayel fit construire une piste cyclable où les amateurs pouvaient essayer les bolides proposés à la vente, mais aussi un cinématographe, un théâtre et un jardin d’hiver : le palmarium où les clients venaient se détendre dans l‘ambiance chaleureuse et lumineuse des tropiques. Il fit surmonter le dôme principal des magasins, rue de Clignancourt, d’un phare électrique. Les soirs de concerts et de représentation dans le théâtre, son faisceau scinde et balaye alors le ciel nocturne de Paris. Enfin, les visiteuses recevaient chacune en quittant les magasins, un petit bouquet de fleurs.


Entre 1874 et 1913, les galeries des Grands Magasins Dufayel s’agrandissent, allant du boulevard Barbès jusqu’aux rues de Clignancourt, de Sofia et Christiani. Ces nouvelles extensions seront l’oeuvre des architectes Le Bègue, père et fils, et de Gustave Rives, l’entrée monumentale au 26 du boulevard Barbès, l’œuvre de Jules Dalou et d’Alexandre Falguière.
Dufayel ouvrit plus de 400 succursales mais des mauvais placements le conduisirent à la ruine. Dufayel s’éteint en 1916, ses dettes colossales l’auraient poussé à mettre fin à ses jours et les Grands Magasins quant à eux ferment leurs portes en 1930. (Autre version : C'est une bronchite qui a évolué en pneumonie aigue qui l'a emporté en trois jours. En 1916, il n'y avait pas d'antibiotique.)


Les bâtiments servirent par la suite de lieux de stockage, d’abord pour les nazis pendants la Seconde Guerre mondiale, puis par la Croix-Rouge américaine. La Banque nationale de Paris BNP y installe après la guerre ses 6000 salariés. Dans les années 90, avec l’arrivée de l’informatisation, le nombre de salariés passe à un millier et la banque, qui n’a plus besoin de tant d’espace, se sépare d’une partie des bâtiments. Des Grands Magasins Dufayel d’origines il ne reste aujourd’hui que les façades, le dôme surmontant la façade principale a été démoli en 1957 après l’installation de la banque et l’intérieur des bâtiments remodelé dans les années 90.

E. Szwarc

Le Cerf de Saint Eustache

Le Cerf de Saint Eustache

L’église Saint Eustache est située dans le dans le 1er arrondissement à proximité du Louvre et des Jardins du Palais Royal. Donc, si vous vous promenez dans ce coin de Paris, n’hésitez pas à pousser jusque là, vous ne serez pas déçu.

Cette église est certainement considérée comme une des plus belles de Paris. Si vous levez la tête en arrivant, vous pourrez commencer par remarquer le cadran solaire qui orne le fronton de l’église. Et au-dessus de ce cadran solaire vous pouvez découvrir une sculpture assez inhabituelle pour ce genre d’édifice : une tête de cerf ornée d’une croix portant le Christ. Quelle est l’explication de cette tête de cerf ? S’agirait-il d’une offrande de chasseurs pour s’attirer les bonnes grâces ? C’est presque ça, mais pas tout à fait… 

Saint Eustache est à l’origine un général romain qui d’ailleurs, à ce moment-là, ne s’appelle pas Eustache mais Placide. Il porte bien son prénom puisqu’il est connu pour être un homme bon. L’histoire veut que Dieu se soit adressé à lui au cours d’une partie de chasse en prenant la forme d’un cerf. C’est au cours du baptême qui s’ensuit que l’évêque de Rome donne à Placide le nouveau nom d’Eustache.

Eustache va alors subir nombre d’épreuves qui lui feront tout perdre : fortune, femme, enfants… Il connaîtra toutefois un retour en grâce, ses qualités de général n’ayant pas été oubliées par l’empereur Trajan, et comme dans les plus belles histoires, il retrouvera même sa femme et ses enfants.

Le cerf de la façade de Saint Eustache

L’empereur Trajan disparu, c’est Adrien qui dirige Rome. Découvrant qu’Eustache est chrétien et refuse de participer aux cérémonies pour sacrifier aux idoles, il l’envoie avec sa famille aux arènes où ils connaîtront le martyre... Ils seront plongés à l’intérieur d’un bœuf d’airain rougi au feu pendant trois jours. Au sortir, bien que morts, on put constater que pas un cheveu, pas une partie de leur corps n’était brûlée. 

Voilà la raison qui explique la présence de cette tête de cerf sur cette église. Pour la petite histoire, cette église Saint Eustache aurait d’ailleurs très bien pu s’appeler Saint Hubert. En effet, en Champagne-Ardenne, cette légende du Saint ayant une vision de cerf est attribuée à Saint Hubert…

J-B. Plantin

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