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Visite Insolite Paris - Visite Guidée Paris Secret - Guide à Paris

La silhouette de Trigano

La silhouette de Trigano

Au nord du quartier du Sentier, le surplomb du carrefour Strasbourg - Saint-Denis abrite l’un des immeubles les plus fins de Paris, dont les étroites pièces mesurent à peine deux mètres de large : la pointe Trigano. 

Le bâtiment originel fut construit à la fin du XVIIᵉ siècle sur les hauteurs de la butte Bonne-Nouvelle, également appelée « Butte aux Gravois » car elle fut recouverte à l’époque d’un immense amas de gravas et de détritus nauséabonds. Personne ne voulant y habiter, la Ville transforma le lieu en zone exempte de taxes pour y attirer les artisans, et les premiers à s’y installer furent les ateliers de menuiserie et les marchands de tissu.

C’est en hommage à la dynastie des Trigano, particulièrement implantée dans le négoce du textile et du prêt porter, que le frêle édifice est renommé en 2001. Cette grande famille juive séfarade est aussi connue par le biais de l’homme d’affaires Gilbert Trigano, qui contribua à l’essor phénoménal du Club Méditerranée dans les années 1960.

L’immeuble est longé à gauche par la rue de Cléry et à droite par la rue Beauregard, dont le nom vient justement de la jolie vue sur Paris offerte aux habitants du haut de la butte, avant que les hautes maisons ne soient construites. Non loin d’ici se trouvait d’ailleurs vers 1650, la célèbre « cour des miracles », un espace de non-droit ainsi appelé car les prétendues infirmités des mendiants qui en avaient fait leur lieu de résidence, y disparaissaient à la nuit tombée, « comme par miracle ».

Élancée sur quatre étages, l’architecture singulière de la pointe Trigano fut rehaussée d’un étage et réaménagée à de nombreuses reprises avant d’avoir son apparence actuelle. Après avoir hébergé une petite boutique de vins et de spiritueux, le rez-de-chaussée a été transformé en un appartement mais conserve les anciennes grilles de fer forgé qui protégeaient autrefois le petit commerce des ivrognes en manque de liqueur. Sur le fronton, une grande plaque indique qu’André Chénier, poète et journaliste opposé aux idées de Robespierre, y aurait vécu en 1793, avant d’être arrêté et guillotiné par les révolutionnaires.

Si vous passez dans les parages, ne manquez pas d’aller photographier le petit immeuble en forme de pointe et de le contourner sur quelques mètres pour découvrir une autre « mini » curiosité : la Rue des Degrés, rue plus courte de Paris !

Insolite

Légende ou réalité ?

Légende ou réalité ?

L'histoire du fantôme de l'Opéra Garnier commence en 1873 lorsqu'un violent incendie éclate dans le bâtiment et qu'un jeune pianiste présent sur les lieux perd sa fiancée dans les flammes. En tentant de la sauver, le malheureux musicien trébuche et se brûle gravement le visage au point d'être défiguré. Assommé par la tristesse, il se réfugie dans les sous-sols du Palais et y demeure jusqu'à son inauguration.

Quelques années plus tard, des membres du personnel commencent à rapporter des apparitions d'un homme au visage terrifiant dans les coulisses et les caves du bâtiment. Personne ne croit vraiment à ces rumeurs jusqu'à ce qu'une longue série d'apparitions et d'événements étranges surviennent durant le printemps 1896...

Tandis que la presse s'était emparée du phénomène paranormal, le 20 mai, un lustre se détacha et tua sur le coup une spectatrice qui était assise sur le siège n°13... Par la suite, un anonyme se présentant sous le nom de « Fantôme de l'Opéra », se mit à réserver systématiquement la loge n°5, menaçant de provoquer à nouveau une chute de lustre si la direction de l'Opera ne lui en laissait pas la jouissance et ne lui versait pas 20 000 francs par mois !

La légende du fantôme de l'Opéra était née et fut dépeinte peu après dans un roman fantastique de l'écrivain Gaston Leroux. Depuis, d'autres événements étranges se sont succédé et même si la superstition s'est peu à peu effacée, la loge n°5 reste fermée et l'on peut lire sur la plaque de sa porte « Fantôme de l'Opéra » !

Légendes et mystères

La fontaine du Cimetière des Innocents

La fontaine du Cimetière des Innocents

Au coeur des Halles trône un étonnant vestige du Vieux Paris : la fontaine des Saints-Innocents. Édifiée en 1260 sur le parvis d'une petite église, elle marquait le lieu où l'on célébrait l'entrée des Rois de France de retour de leur sacre à la cathédrale de Reims. En 1550, le sculpteur Jean Goujon est chargé de décorer la fontaine par les services du roi Henri II, dont on peut d'ailleurs voir l'initiale entourée d'une couronne de laurier sur les angles de la fontaine. À l'occasion, le dôme est recouvert d'une subtile couche d'écailles tandis que le pourtour des chapiteaux est orné de bas reliefs représentant des petits génies et des créatures mythologiques, symbolisant la richesse de la Seine.

Pour compléter le décor, des nymphes gracieuses sont encastrées dans les pilastres soutenant les arcades. Ces divinités féminines tiennent des vases et des grandes rames en référence à l’abondance des sources d’eau de la région. Il est probable que ces objets rendent aussi un hommage aux Nautes, la puissante corporation de marins du 1er siècle apr. J.-C., qui fit prospérer le commerce de Lutèce grâce au transport fluvial.

Or en observant cette magnifique fontaine, on est loin de se douter qu’à son emplacement s’étendait autrefois la plus grande nécropole de la capitale, où s’entassaient des millions de macchabées. Devenu insalubre au fil des siècles, le cimetière débordait au point que des défunts étaient enfouis jusque dans les caves des maisons du quartier, où l’on retrouve encore parfois aujourd’hui des fragments de squelettes. Il fallut attendre 1786 pour que les innombrables ossements soient transférés dans les anciennes carrières du sud de la capitale, devenues les Catacombes de Paris !

Monuments

Un pont pas si neuf

Un pont pas si neuf

Lorsque l’on découvre les secrets de Paris, on s’étonne souvent d’un curieux paradoxe : le plus ancien pont de la capitale porte le nom de Pont Neuf. Cette contradiction fait référence à l’une des plus grandes révolutions urbaines de l’histoire de Paris. Car en 1607, le Pont Neuf était si audacieux qu’on le jugeait… futuriste.

À la fin du XVIᵉ siècle, Paris est une ville sombre, encombrée, traversée par des ponts de bois fragiles, régulièrement ravagés par les crues, le feu et les épidémies. Les ponts sont alors de véritables rues suspendues, écrasées d’habitations insalubres, de boutiques et de détritus. C’est dans ce décor médiéval qu’Henri III lance en 1578 un projet radical : construire un pont de pierre, large, solide et ouvert sur le fleuve. Une hérésie pour l’époque. Après près de trente années de chantier, interrompues par les guerres de Religion, le pont est finalement achevé en 1607 sous le règne d’Henri IV. Avec ses 278 mètres de long, il relie l’île de la Cité aux deux rives de Paris. Le choc est immense : Paris vient de basculer dans la modernité.

Dès son inauguration, le Pont Neuf devient l’un des lieux les plus animés de la capitale. Le jour, on s’y presse comme dans une foire permanente : vendeurs ambulants, bonimenteurs, arracheurs de dents, devins et montreurs d’animaux s’y succèdent. Le pont devient un véritable théâtre populaire à ciel ouvert, où l’on échange des ragots, des nouvelles politiques et des secrets de cour. Mais à la tombée de la nuit, l’ambiance change radicalement. Faiblement éclairé, le Pont Neuf attire les voleurs et les bandits. Ainsi, traverser le pont après le couvre-feu relevait parfois de l’expédition particulièrement dangereuse. Derrière son allure majestueuse, le plus beau pont de Paris avait aussi sa part d’ombre…

Mais l’histoire du Pont Neuf est avant tout celle d’un bouleversement architectural total, car contrairement aux usages médiévaux, aucune habitation n’est construite sur le pont. Une vue dégagée sur la Seine apparaît pour la première fois aux Parisiens. Ironie du sort, ses alcôves accueilleront pourtant les premiers bouquinistes ambulants… rapidement interdits en 1742. Ils ne s’installeront définitivement sur les quais qu’au XIXᵉ siècle.

Par ailleurs, le Pont Neuf fut le premier pont parisien doté de véritables trottoirs. Une innovation capitale, car pour la première fois, piétons et cavaliers sont séparés. Avant cela, on marchait littéralement dans la boue, les déchets et les déjections animales. Il faudra attendre près de 180 ans pour voir un deuxième trottoir parisien apparaître, rue de l'Odéon.

Autre anecdote intéressante, jusqu’au début du XXᵉ siècle, une immense pompe hydraulique est installée côté rive droite pour remonter l’eau de la Seine et l’acheminer jusqu’au quartier des Halles pour nettoyer quotidiennement le marché central de la capitale, qui accumule des détritus pestilentiels. Ce dispositif spectaculaire est surnommé la Samaritaine et sera détruite en 1813. Mais elle laissera son nom au célèbre grand magasin parisien encore en activité aujourd’hui. Notez que ce nom provient d’un épisode biblique montrant la Samaritaine donnant de l’eau d’un puits à Jésus, scène qui fait en réalité, référence à la soif spirituelle que doit avoir l’homme, pur garder un esprit cultivé !

Insolite

Le géant doré

Le géant doré

Méconnue du grand public, la Grande Pagode de Paris trône majestueusement entre les arbres du parc du bois de Vincennes. Ce bâtiment insolite aménagé par les architectes Boileau et Carrière, fut initialement construit pour accueillir les pavillons du Cameroun et du Togo lors de l'exposition coloniale de Paris en 1931. C’est dans l’enceinte de ce complexe religieux qu’est aussi construit en 1975 un étonnant centre bouddhiste, inauguré par le 16ᵉ Karmapa, chef spirituel suprême du Bouddhisme Tibétain. Le temple est alors nommé « Kagyu Euser Tcheu Dzong », ce qui se traduit par le doux nom de « Citadelle de la Claire Lumière ».

Au cœur de l'édifice majestueux, peu de personnes savent que l'on peut observer le plus grand Bouddha d'Europe. Constamment entourée d’offrandes, l’imposante statue mesure 9 mètres de haut et est recouverte de milliers de feuilles d'or régulièrement dépoussiérées. Mais il existe un autre trésor hallucinant, juste à côté. Depuis 2009, la crypte de la pagode renferme en effet des précieuses reliques du Bouddha originel, provenant du temple « Wat Saket » de Bangkok, que la Thaïlande offrit en cadeau à la France pour sceller l'amitié des deux pays.

Restauré en 2014, le bâtiment abrite aussi le siège de l'Institut international bouddhique et organise de nombreuses animations chaque année. Dès le mois d’avril, on peut ainsi y célébrer le nouvel an Khmer traditionnel, comme au Cambodge, découvrir le Tibet grâce au salon de la culture tibétaine ou se plonger dans des senteurs épicées lors des journées culturelles du Sri Lanka. Aujourd’hui, le Temple accueille tous ceux qui souhaitent être initiés au bouddhisme tibétain, que ce soit par des méditations ou des enseignements permettant d’approfondir ses connaissances, apprendre à apaiser son esprit et surtout ouvrir son cœur à la bonté fondamentale.

Monuments

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